Un peu de Saez…

Je suis un grand fan de (Damien) Saez; avec Metallica et Cabrel, c’est l’un des rares artistes dont je possède tous les albums à la maison.
De ce côté-ci de l’océan, on ne connaît que ses chanson « Jeunes et cons » et « Jeunesse, lève-toi ». Maintenant, j’avoue que même en France, il ne fait pas partie des artistes bien connus.
Il faut avouer qu’il est contre la télé-poubelle et refuse quasiment de passer dans des émissions de variété. Il vit dans son monde, un monde où il est auteur-compositeur-interprète, et il est bon dans ce qu’il fait, malgré son franc-parler.

Qui plus est, même sur Youtube, on ne le trouve pas aussi aisément que n’importe quel autre artiste.
Son grand malheur, c’est que son fan club, ce sont la jeunesse. Lorsque j’ai assisté à un concert avec mon amie Caroline, on s’était cru de retour au secondaire.
Mais il n’empêche que c’est un poète. Oh oui, je vois déjà d’ici votre désapprobation, principalement parce qu’il fait preuve de vulgarité dans ses textes, que régulièrement ses paroles sont celles d’un amoureux rejeté (qui, du coup, en veut à toutes les femmes)…

Une chose que j’apprécie beaucoup, ce sont ses auto-références: régulièrement un texte répond ou référence une autre de ses chansons… L’actualité est énormément présente aussi…
Mais vous en connaissez combien des chanteurs qui sortent 12 albums (dont 3 triples) en 17 ans, toutes les chansons composées par lui-même?
On trouve de tout chez lui: du rock qui crie, du rock qui pleure, des chansons d’amour, de la tristesse, de la politique, des cris de colère envers l’humanité.
Of course, ça ne se danse pas en boîte de nuit (sauf les slows et les pogos); ce sont des testes, c’est du piano, c’est de la musique, ce sont des sentiments…
Bref, vu que vous n’irez pas jusqu’à lire ou à écouter toutes ses compositions, je vous laisse avec « quelques » extraits (notez que la plupart de ses textes n’ont pas de refrain et qu’ils sont excessivement longs – il ne fait pas dans la demi-mesure):.
Si vous voulez en savoir plus sur la personne, c’est ICI.

IMPORTANT: je suis faible: je pensais juste vous sortir 7-8 extraits… mais voilà, comment choisir… il va falloir que je fasse un second billet car, si je m’arrête ici, c’est plus par manque de temps que de vouloir partager…

Messine:
Car Venise, c’est toi,
Et Roubaix, c’est moi.
C’est la Belle et la bête comme ils disent, …
Car mieux que Michel Ange,
Il y a tes fesses dans lesquelles je me confesse,
Parce que c’est toi Venise, car c’est toi mon Église.
Mon ami de Liège:
Au revoir une Liégeoise pour chanter Verdun puis pour
chanter ses pleures, pays qui est le tient.
Ce pays qui te pleure et moi dans ce studio, oui moi là le
compteur qui chante tes bateaux.
Toi mon ami de Liège, de Paris ou Roubaix, des palais ou
des tours, oui de saint Saint-Pétersbourg.
J’ai le poing vers le ciel, comme un combat sans fin, j’ai
le poing qui se sert pour te prendre la main.
Marianne:
Marianne elle a mis nos têtes à prix
Marianne elle simule tout le temps
Marianne elle a vendu ses enfants
Marianne s’est crashée en bagnole
parait qu’elle aimait bien l’école
démocratie c’est fini
on t’a pendu au pilori
Marianne elle aime faire la salope
Marianne la solidaire aux chiottes
Marianne elle fait n’importe quoi
allez viens faire un tour dans les bois
je crois que marianne est morte
sur l’autel des libertés
Les Magnifiques:
les magnifiques ils parlent trop
et même quand ils ont l’air stupide
c’est d’impudeur qu’ils sont beaux
et de partage qu’ils sont cupides
quand ils se déversent en sanglots
les mots sont souvent inutiles
bien sur qu’ils mentent comme ils respirent
quand ils se jurent des avenirs
car ils savent trop bien ce que l’amour ici
fait à ceux là qui s’aiment
en séparant les corps
elle leur donne pas la mort
elle leur reprend la vie
Les Meurtrières:
New York a mis son manteau blanc
Et moi j’ai rangé mes couteaux
Un jour tu sais tu reviendras
Pour un café ou quoique ce soit
Arrête de délirer enfin
Tu sais qu’elle ne reviendra pas
Que la forêt a pris le feu
Puis que l’amour a dit adieu
11 septembre au gré des cendres
Le monde en pleurs pour le Center
Et moi qui pleure pour mon amour
Je sauterais bien du haut d’une tour
Bien sur la mienne est fille unique
Mais elle aurait le goût du ciel
Elle aurait le goût des tragiques
Des meurtrières, des meurtrières
Les bals des lycée:
On se quittera tous un beau jour
on reviendra sur nos discours
on croira qu’on a tout compris
on aura rien compris du tout
on sera riches rois de province
on sera pauvres et sans le sou
puisqu’avec les copains d’avant
on serra tous morts ou beaux
on se dira jamais vieillir
puis on finira tous vieux cons
a regretter c’qu’on a perdu
celle qu’on aimait qui est pas venue
quand on avait les dieux au corps
quand on savait tromper la mort
quand on lui mettait le doigt bien haut
bien profond
Sur le quai:
Mon coeur qui saigne son prénom
Ma bouche qui balbutie son nom
A regarder le ciel en pleures
Et moi et moi et moi qui meureMon dieu mon dieu je t’en supplie
Allez que le bateau revienne
Mon amour est parti
Y a trop d’adieux dans les « je t’aime »
Mon dieu mon dieu je t’en supplie
Laisse pas mes yeux dans leur sueur
D’ici ma putain est partie
Dis moi pourquoi, pourquoi je meurs?
Châtillon-sur-Seine:
Je sais ça fait longtemps que je n’ai pas vu tes rives
la rumeur du ruisseau et puis le chant des grives
a chatillon sur seine quand on partait nelly
comme deux oiseaux chassés qui retrouvent leur nid
nous marchions tous les deux à pas de loup dans la neige
tu m’apprenais les mots et le nom des oiseaux
la province était belle nous promenions souffrance
me voilà revenu sur les terres de l’enfance
me revient en mémoire aux sanglots de l’hiver
toi la fille des bateaux, la fille de militaire
de cette époque morte où les gens savaient lire
oui toi la littéraire qui m’apprit à écrire
toi qui m’accueillis oui bras ouverts à la table
toi qui bordas mon lit à me conter des fables
toi qui je me souviens connaissais la nature
des fruits des terres toi qui faisais des confitures
Je suis un étranger:
Nous, civilisations
toi, les camps à calais
nous, les désillusions
toi, le béton armé
nous, trop vieilles cultures
toi, petite ouvrière des villes
nous, réserver c’est sûr
toi, l’enfer des bidonvilles
nous, les collaborants
des babylone en argent
nous, les prostituants
toi, l’œil du printemps
nous, les voleurs de terres
toi, fils de tyrannie
de nos pétrolifères
toi, boire l’eau des pluies
 Les webcams de nos amours:
Elle me montre tout rien qu’à moi
elle retire doucement ses bas
et moi je vous jure je la crois
quand elle me murmure tout bas
sur les webcams se nos amours
nous deux on s’est dit pour toujours
moi j’avais mis mon complet bleu
quand j’étais tombé amoureux
d’une dénudée pour les réseaux
d’une écriture cherchant ses mots
pour donner au peuple la trique
y’a des codes barre philantropiques
Les anarchitectures:
Puisqu’il faut accepter du temps
l’évolution toujours plus bas
au vulgaire les concessionnaires
des libertés pour nos enfants
il sera équipé c’est sûr
pour parler à la Terre entière
mais n’aura rien à dire bien sûr
que ce qu’il voit sur les écrans
certains les plus bourgeois toujours
sauront savoir garder leurs plumes
quand le peuple verra ses ailes
blessées sous les coups de l’enclume.
Sonnez Tocsin dans les campagnes:
Sonnez tocsin dans les campagnes,
allez camarade debout,
entre les tours les illusoires
et puis le cri des abattoirs,
puisqu’ici on a peur de tout,
des éphémères sur les grands lacs,
pays jadis feu de culture,
toi dis-moi la bonne aventure,
des somnifères sur la colère,
faut des pansement sur la misère,
la jeunesse a tété le sein
des dictatures de nos besoins,
au cynisme de nos gouvernants,
puisque le bon peuple est content,
puisqu’on crie police à tous vents,
surtout pour protéger l’argent
Planche à roulette:
Je fais le tour des terres
sur mon morceau de bois
j’ai le coeur en hiver
le ciel est à moi
Un nouveau jour se lève
aux lumières de la ville
A’ l’espoir qui se lève
toi t’as les yeux qui brillent
Nos deux coeurs qui s’embrassent
et tout qui devient beau
et la planche à roulettes
qui ressemble à un bateau
et puis ce macadam
qui devient l’atlantique
nos âmes qui se noient
d’océan pacifique
 J’accuse:
 »Faut ressembler à des guignols,
‘Faut que tu passes à la télé,
Pour rentrer dans les farandoles,
De ceux qui ont le blé.Paraît qu’il faut virer des profs,
Et puis des travailleurs sociaux,
Les fonctionnaires qui servent à rien,
Les infirmières à mille euros.
‘Faut qu’ça raporte aux actionnaires,
La santé et les hôpitaux.
Va t’faire soigner en Angleterre,
Va voir la gueule de leurs métros.
Les cours de lycées:
Dans le bus, le tramway, dans les cours des lycées, dans
les fabriques à chômeurs, oui dans les salles des
professeurs.
On est foutu, on est cerné, passer l’éponge ou la jeter?
Prendre les gants, aller boxer dans les manifs’, dans les
cocktails, dans les soirées, sous le soleil.
Faut voir le niveau des musiques et les modèles de
sociétés, faut voir les radios qu’on écoute, de quoi on
parle dans les récrés, faut voir les strings en apparence,
dans les collèges, la jeunesse, plus c’est vulgaire et plus
ça fait mouiller le corps de nos armées.
C’est les Gucci, c’est du goût d’chiottes, c’est le
syndrome de nos époques, c’est du Chanel, c’est du Dolce,
tu fais la belle et ça te plaît.
C’est du consommable, toujours.
Dis moi c’est quand qu’on fait l’amour à d’autres qu’a des
gilets par-balles, qu’a des vérités qui font mal?
Les printemps:
Moi tu sais je vois des printemps à chaque môme qui crie
la rage, à chaque bagnole qu’on brûle, à chaque mot
tendre qu’on dit, à chaque idiot du village qui trouvera sa
Marguerite, à chaque fois qu’un bout de pierre parvient à
sortir de l’éclipse.Est-ce que tu vois le printemps?
Celui qui met nos terres au
soleil.
Dis moi, est-ce que tu l’entends? Du bourgeon, oui la fleur
qui sommeille.
Est-ce que tu vois le printemps? Celui qui fait couler les
ruisseaux dans les flots des océans, faut remettre les
compteurs à zéro.
Regarder les filles pleurer:
Moi je suis qu’un pauvre gars, ils m’appellent l’idiot
celui qui fait peur aux bêtes, qui fait mal aux oiseaux.
Mais faut pas croire, tu sais moi j’suis pas méchant
j’ai juste l’air maladroit, je sais juste pas comment
faut leur parler aux filles, faut leur parler aux filles .
Moi quand je vois les larmes leur tomber la joue,
moi quand je vois les larmes leur tomber la joue,
moi j’voudrais leur dire qu’elles sont belles,
et qu’il faut pas qu’elles pleurent pour un idiot
puis faut qu’elles arrêtent d’êtres connes
et de tomber toujours amoureuses
de celui qu’il faut pas et que moi, si elles voulaient, moi,
moi j’serais toujours gentil avec elles
mais les filles elles aiment pas qu’on soit gentil, elles
aiment pas.
Marguerite:
Quand j’ai vu Marguerite, ça m’a fait comme un bras
d’honneur, l’insoumission qui dit  » je n’ai ni Dieu ni
Maître ni qui que ce soit « , comme un doigt levé bien haut
à tous les Dieux, tous les suppôts, c’est l’solidaire des
travailleurs puis c’est la liberté du cœur.
Quand on va pointer à sa porte, sûr qu’on est tous un peu
chômeur, et moi qui suis là comme un con à effeuiller les
pétales de Tulipe, de Camélia, de Rose et puis de Lila.
Marguerite elle est belle comme un accident d’bagnole,
comme un poids lourd qui a plus les freins,
Marguerite elle est folle et c’est vrai que moi j’aime bien quand elle fait
voler les assiettes, quand elle me fait péter les plombs,
qu’elle dit qu’elle aime pas mes chansons.
Mon pays, je t’écris:
Mon pays je t’écris comme une lettre morte,
pour te dire le chagrin oui qui frappe à la porte,
Moi l’ouvrier des mots, moi le peuple misère,
Pour te dire mes sanglots quand je vois notre Terre.
Mon Pays c’est la guerre, c’est la guerre des cultures,
Qui vient nourrir la Terre toujours de sang c’est sur.
C’est surtout la guerre de l’or noir du désert,
Des cerveaux oui je crois la guerre de la misère.
Ils sont morts les Vinci, les Rimbaud, les Voltaire,
Ils sont morts au profit des réseaux du vulgaire,
Mon pays c’est l’enfer, la misère des cerveaux.
Toi mon pays ma terre, la terre d’Arthur Rimbaud.
Ton peuple sait plus rien, ton peuple sait plus lire.
Rue d’la soif:
De La Rochelle à La Ciotat
Au whisky ou à la vodka
Puis d’Étretat à Saint-Malo
A la brune ou bien au Cointreau
De Charleville à Charleroi
Moi j’ai toujours la gueule de bois
Dans les bars clandés, les bistrots
Moi j’finis toujours au pogo
A la piquette ou au Picon
Si t’es Berwette si t’es carton
Moi j’irai même jusqu’à Outreau
Tu sais pour m’taper un Cointreau
Dans tous les repaires à keupons
Dans tous les squats à la baston
On est bourré comme des tonneaux
De Saint-Brieuc à Saint-Malo
Mon terroriste:
Il est pas bouddhiste au Népal
Non y s’balade pas en sandales
Mon terroristeAvec son sourire de cercueil
Non crois-moi qu’il a pas la gueule
D’un terroristeNon c’est pas mes bars de blédards
C’est pas d’ceux-là dans les mitards
Mon terroristeOh non mon ami tu peux croire
Oui qu’il a jamais vu d’parloir
Le terroristeY bosse plutôt dans les médias
Roi de la propagadancia
Le terroristeY taille des pipes à la finance
J’crois qu’il est plutôt roi de la France
Le terroriste
Les enfants Paradis:
Ils s’appelaient je t’aime, ils s’appelaient jeunesse
Ils s’appelaient poème, ils s’appelaient tendresse
Ils s’appelaient frangine, ils s’appelaient frangin
Ils s’appelaient gamine, ils s’appelaient gamin
Ils s’appelaient la joie et puis la non violence
Ils s’appelaient je crois les enfants de la France
De tout les horizons puis de tous les prénoms
Ils s’appelaient amour, s’appelaient l’horizon
Peuple manifestant::
Peuples de collèges, de lycées, laissés aux pornos et aux joints.
Ouais mais t’as raison, Société, fallait mieux enlever le Latin.
Ouais puis surtout, dans cette époque, où chacun cherche une origine
Vaut mieux réformer l’orthographe, oublier les Gréco-Latines.
Ben ouais la Grèce, ma Société, tu sais, le « berceau des cultures ».
Le pays d’où viennent tes musées, puis d’où vient ta Littérature.
Non, toi, tu préfères la saigner, pour enrichir sur les banquières.
Non toi, tu paries sur des dettes, pour mieux saigner les ouvrières.
Non, sont mieux, avec leur iPhone, pour les éduquer à la thune.

Puis y’a Karim, ouais qui galère, tu sais, juste pour s’trouver un toit.
Tu sais, pour les délits de faciès, nous on attend toujours tes lois.
Ouais, je sais c’est dur à rentrer, dans ton p’tit cerveau Société
Mais faudra bien que tu t’foutes dans le crâne,
qu’Ahmed est un prénom Français.
Y’a pas à dire, ma Société, t’as raison, t’es pas une « salope ».
T’es une grande Dame, puis t’as raison, oui, vaut mieux interdire la clope!
Continue comme ça, mon pays,
puis t’as qu’à voir de l’autre côté d’la Manche ou bien de l’Atlantique,
à quoi ils mènent tes progrès.
Du Brexit ou bien des Ricains, l’humanisme à l’Anglo-Saxonne,
ceux qui bombardent des pays, pour vous vendre des téléphones.
Ouais mais le peuple, il est content,
ouais d’avoir vendu ses enfants, contre un peu de calme au dîner.
Saint Petersbourg:
A Saint Petersbourg
La neige tombe
C’est Dieu qui pleure
Le sang du monde
Mais y’a Olga la blonde
Celle qu’on appelle espoir
Et celle qui espère
De refaire le monde
Un monde fait de lumières
Et de neige en été
Et de soleil d’hiver
Et de nuit d’amour.

 

 

 

 

 

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The Postman Écrit par :

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