Tempus fugit

S’il existe un bien dont nous disposons en quantité limitée et dont notre besoin est sans cesse croissant, c’est bien le Temps.
Avec une espérance de vie de 80 ans, cela limite notre réservoir temporel à environ 700000 heures. On vous passera les calculs plus complexes mais, pour quelqu’un qui est au milieu de vie, qui a fini ses études, qui a un boulot classique, qui prendra sa retraite à 67 ans, on arrive à un petit capital de 140000 heures dont seulement 56000 pendant que nous serons actifs professionnellement. Voilà pour les chiffres.

Donc, ce temps qui nous est compté, on doit le partager entre une vie de famille, y compris l’éducation des enfants et les tâches ménagères, nos loisirs, nos amis et nous devons aussi penser à nous. Ça peut paraître beaucoup mais c’est bien peu, surtout quand on voit le temps perdu dans nos déplacements et nos rituels quotidiens.
Alors quoi? Nous allons devoir faire l’impasse sur des éléments moins importants de notre existence afin de profiter au mieux du temps que l’on a? Doit-on reporter à l’âge d’or tout ce qui nous demande trop de temps maintenant? Il est clair que l’on va devoir faire des compromis, sans cesse, parce que nous n’avons pas le temps!

Est-ce ainsi que nous voulons vivre? Parfois le doute m’assaille…
Peut-être est-on (ou suis-je) mal organisé? Metro-boulot-dodo n’est pourtant plus le mode de vie par défaut et on a pu se ménager du temps, optimiser nos journées afin de pouvoir faire un maximum de choses, mais est-ce bien raisonnable? Est-ce vraiment ce que l’on doit faire? Pourtant, après le travail, après les courses et le dîner, il reste une heure ou deux pour s’occuper de nos enfants pour ensuite regarder le tube ou lire ou surfer sur le net… ou faire tout en même temps et, de ce fait, fatiguer notre esprit plus que nécessaire. Oh bien sûr, on peut rajouter un peu de sport sur le tas, car il faut entretenir le corps mais quand, et comment, au détriment de quoi, avec quelle consommation temporelle supplémentaire (trajet, se changer, se doucher…)?

Et puis, les enfants grandiront, partiront, et l’on pourra avoir plus de temps pour nous; mais est-ce à ce moment-là que nous en avons besoin? Tout ce qui a fait de nous ce que nous sommes et ce que nous aimons faire, tout cela a été façonné dans le passé. Oui, nous pourrons réadapter nos horaires en fonction de nos loisirs, mais en sommes-nous toujours capables? Capable dans le sens que notre corps aura vieilli (même si a été entretenu régulièrement) et aura commencé à se détraquer (nos cellules ne se reproduiront plus au même rythme, on ne peut rien y faire)… Et puis, ce n’est pas après leur départ que nous devons communiquer nos passions à nos enfants.

Quelles alternatives avons-nous?

Quand on est suffisamment asocial, c’est simple: basta les liens amicaux et vive le temps pour soi (et notre famille)!
Si l’on n’est pas sportif pour un sous, ça aide aussi.
L’autre solution consiste à tout reporter à plus tard, lorsqu’on sera pensionné. Cool, faire un tour du monde à 75ans ete faire des souvenirs que l’on gardera que quelques années en tête et qu’il ne sera presque pas possible de communiquer à notre descendance! Et encore, on peut tout aussi être envoyé terminer nos jours à l’hospice… C’est otut de même super ce qui nous attend…
Sinon on peut aussi combattre le système ou se placer en marge de celui-ci: soyons chômeurs (par choix – non par aléa de la vie ou manque d’opportunité…) et faisons ce que bon nous semble de notre vie. Tant pis si nous donnons un mauvais exemple à nos enfants et si nous avons du mal à manger tous les jours à notre faim. Au moins, on pourra faire ce que l’on veut, enfin tant que c’est dans nos moyens…
Autre option: Soyons plus positif et essayons d’améliorer ledit système… Bon, il faut avouer que nos moyens à ce niveau-là sont limités: à moins d’une refonte complète du capitalisme en quelque chose de nouveau, ainsi qu’une nouvelle façon de gérer les entreprises et la finance en général, tout en respectant l’environnement et les individus, notre monde atteindra bientôt ses limites.
Un de moyens d’y arriver, c’est la richesse bien que tout reste relatif: utilisons notre argent pour acheter le temps des autres; ainsi un domestique pourrait s’occuper du ménage et de la cuisine pendant que nous occupons notre temps en loisirs. Mais pour cela, il faut de l’argent; pour gagner cet argent, à moins d’être né « riche », il faut investir du temps (étudier plus pour l’université ou travailler plus dès le début de carrière…) en espérant qu’il sera rentable (dans le temps)… Mais finalement, nous ne serons jamais réellement riche en « temps » car même pour les nantis, le temps reste restera une ressource limitée et rare.
En tant que père, je me suis donné comme objectif de donner la soif de découverte et de connaissance à ma fille, et cela afin qu’elle ne soit jamais à cours de ressources. J’investis donc ce temps précieux d’aujourd’hui pour lui préparer un avenir plus radieux.

Le temps passe… je ne sais pas ce que vous faites du vôtre mais j’espère que vous y penserez…

Rendez-vous sur Hellocoton !
The Postman Écrit par :

2 Comments

  1. 21 mai 2015
    Reply

    le temps passe et je n’ai pas le temps de faire tout ce dont j’aurais envie.
    je ne vais pas me plaindre, je fais un boulot que j’aime, et qui me laisse du temps pour lire, ce que j’aime faire le plus donc…
    mais j’aimerais avoir plus de temps avec mes gamins, me balader avec mon homme plus souvent, faire des choses simples et qui ne coûtent rien parce que la bourse ne suit pas
    mais le temps passe vite et le jour où je pourrais en avoir, peut-être qu’il ne m’en restera plus assez…
    merci, tu me boostes le moral
    LOL!!

    • ThePostman
      22 mai 2015
      Reply

      Pas de quoi! Ça me fait plaisir ;-)))

Quelque chose à rajouter?