L’ingénierie financière…

Avec un titre comme ça, composé de deux mots ignobles à connotations sexuelles mathématioques, je suis déjà assuré de perdre un auditorat qui me semblait pourtant prometteur.
Qu’à cela ne tienne! J’ai décidé de vous briefer sur le sujet, vu que, pendant les 3 prochaines années, je vais vous assommer de termes techniques, que ce soit dans les états d’esprit ou dans mon journal (et puis, il y a aussi Manue qui supplie réclame absolument des billets sur les maths et je ne peux résister à de telles demandes!)
[Anecdote: ça me fait penser à mon secondaire où je ne pouvais résister d’aider les demoiselles en détresse avant tout examen/contrôle de math]

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Parlons donc (d’abord) de la finance!
Certains d’entre vous ont une aversion à la chose car c’est souvent la source de nombreux maux dans notre gestion au quotidien. Qui plus est, si l’on parle de Finance à la TV, ça aborde des sujets que nous ne maîtrisons pas et, souvent, les montants énoncés dépassent l’entendement (mais que représente réellement une perte sèche de plusieurs milliards? D’ailleurs, qu’est-ce qu’on peut acheter avec une telle somme?).
Comme on le remarque vite, la finance, c’est vaste! On la classe donc régulièrement en 3 catégories: La finance personnelle, la finance corporative et la finance de marché. Une quatrième catégorie est aussi présente: Les finances publiques (les Etats) mais, en considérant un État comme une entreprise (j’en vois déjà certains râler – on va donc préciser « comme une ASBL »), on rentre à la fois dans la finance corpo et de marché.

Tout d’abord, une petite définition de notre ami Wiki (le copain de Google):

La finance recouvre un domaine d’activité qui consiste à fournir l’argent nécessaire à la réalisation d’une opération économique. Ce domaine concerne aussi bien les individus, les ménages que les entreprises publiques ou privées, mais aussi les États.

Ça reste vague… donc creusons un peu plus

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Les finances personnelles
Partons d’un exemple simple (parce que, à la base, tout est toujours simple): À la fin du mois, vous vous retrouvez avec 100 Euro. Vous avez donc le choix entre les dépenser de suite en achetant quelque chose qui vous fait plaisir, ou différer votre achat et mettre l’argent « de côté » (si vous êtes un acheteur compulsif, le choix n’existe pas – je sais). Supposons que vous préférez placer votre argent sur un compte d’épargne (ou autre), vous savez qu’il vous rapportera 1 Euro d’intérêt dans un an (pfff… c’est moche de prendre des exemples réalistes). Ce « un euro », on peut le voir comme un incitatif à différer votre achat sur ladite période de 12 mois. Vous êtes donc dans la catégorie « investisseur ».
Supposons que vous êtes dans le cas inverse: vous avez besoin d’acheter un bien aujourd’hui même de 100 Euro mais vous n’avez pas ce montant. Vous allez donc emprunter cette argent à un quidam (le type de l’exemple précédent) et vous accepterez de le rembourser 102 Euro dans 12 mois (entre « 1 euro » à la banque et « 2 euro » à son pote, y a pas photo). Pour vous, en tant qu’emprunteur, les « 2 euro » d’intérêt sont un niveau acceptable (ou pas).
Il s’agit là d’une des bases de la finance: emprunter ou investir!
Un autre point important, c’est que 100 euro aujourd’hui vaux plus que 100 euro demain (inflation, etc…) – ça, c’est un autre sujet.

Plus généralement, la finance personnelle s’intéresse à tout le monde et s’oriente sur les éléments suivant: prêt personnel (et carte de crédit), prêt hypothécaire, épargne-pension, compte d’épargne, investissement,… mais aussi le domaine des assurances.
On catégorise tous ces « produits » selon qu’ils sont à court terme ou à long terme, que le taux d’intérêt est fixe ou variable, que les remboursements (ou les dépôts) sont réguliers ou non, etc…
Évidemment, il y a aussi la capacité de l’emprunteur à rembourser qui rentre en compte dans les calculs, mais la base est assez simple (et les formules mathématiques qui sont derrières tiennent très souvent dans un tableur Excel).

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La finance corporative (et d’État)
Les mêmes principes s’appliquent aux entreprises et aux États; cependant, de nouveaux paramètres doivent être pris en compte dans les calculs, ce qui les compliquent forcément. De plus, cette branche de la finance établit aussi des outils pour aider les décideurs à choisir entre plusieurs projets, se basant sur le calcul du ROI (Retour sur investissement).
Selon le cash disponible au sein de l’entreprise, elle peut donc décider d’investir une partie de cet argent, se financer au près des marchés, faire des emprunts bancaires, etc… Si elle ne fait rien, en vertu du fait que la valeur de l’argent diminue avec le temps, cet immobilisme occasionne donc des pertes substantielles si il reste « bêtement » en train de dormir.
On rajoutera aussi, dans les compétences des financiers d’entreprises, les projets de fusion et d’acquisition d’entreprises.
Dans le cadre des États, les projets ne doivent pas forcément rapporter de l’argent (officiellement, ils doivent augmenter le bonheur du peuple).

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La finance de marché
C’est ici que l’on se fâche… Il s’agit de la Bourse, de ces produits, des règles qui existent, etc… mais avant tout, l’argent qui y transite, est l’argent des entreprises, des fonds de pension et des États (et indirectement le vôtre donc – bien que tout le monde puisse investir aussi).
Une entreprise, quand elle a besoin d’argent pour ses projets, elle a principalement deux options: se financer sur les marchés ou se financer auprès des banques (qui eux, d’ailleurs, travaillent en collaboration avec les mêmes marchés).
Se financer sur les marchés, ça veut dire quoi? Soit émettre des nouvelles actions que tout le monde peut acheter (et revendre) qui permettront aux investisseurs d’augmenter leur capital (il s’agit là d’un risque évidemment – si l’entreprise se plante, l’action baisse et donc l’investisseur perd aussi de l’argent) en devenant propriétaire (très) partiel de l’entreprise OU émettre des obligations (voyez cela comme un prêt à un intérêt fixe). Évidemment, le risque est moindre dans le cas des obligations et donc les profits seront potentiellement moindre que si vous aviez acheté des actions.
Le mot clé dans ce cadre, c’est le mot « risque »! Car, voilà, si il n’y avait pas de risque, tout le monde investirait et serait plus riche jour après jour…
NB: Les États émettent uniquement des obligations; on ne peut donc pas devenir propriétaire d’un état 😉
Le gestionnaire de risque (Risk Manager) est présent autant en finance corpo qu’en finance de marché.
Dernier point concernant cette partie spécifique: il existe d’autres produits que les obligation et les actions: Les indices boursiers (CAC40, BEL20, SP500, NASDAQ) ainsi que des « produits dérivés ». Ces derniers dépendant donc d’un actif (terme technique pour tout produit utilisés en finance de marché – en anglais « securities »). Les CDS et CDO dont on a longuement discuté durant la crise financière de 2008 en sont des exemples.
(Je pourrais en rajouter plusieurs couches mais je sais que vous êtes déjà en train de dormir 😉 – et puis, je ferais des billets sur ces sujets particuliers aussi).

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Et l’ingénieur financier dans tout ça?
Vous avez déjà certainement vu des graphiques comme celui-ci, représentant le cours d’un action (par exemple):
Graphique quote boursière
Comme vous le remarquez, c’est pas très rectiligne, ni même très joli comme dessin. Et bien cela représente le caractère incertain d’un marché financier: on ne peut prédire l’avenir!
Attention, on ne peut le prédire mais on peut prendre en compte cette incertitude et prévenir les différents cas. C’est l’un des rôles de l’ingénieur financier: créer des modèles qui permettront de minimiser les risques et d’anticiper les fluctuations.
Des exemples?
Dans le cas des finances perso, les fluctuations sont minimes; même un prêt hypothécaire à taux variable peut être anticipé dans le pire et dans le meilleur des cas (ex: 2,5% révisable dans 5 ans, majoré à 4,5%, par exemple – donc vous savez que vous ne paierez pas plus que 4,5 % – qui est plus que le taux fixe sur 20ans à 3,75% par exemple – c’est un risque).
Dans le cas des entreprises, si l’action chute brutalement (comme l’action VW avec le scandale du diesel), c’est le cash de l’entreprise qui s’évapore…

L’ingénieur financier est donc là pour quantifier le risque, modéliser les fluctuations (voir les anticiper), éviter l’effondrement du marché et aussi gérer les portefeuilles d’entreprises.
Je ne le cache pas, c’est un métier qui peut rapporter gros; mais vous me suivez depuis suffisamment longtemps pour savoir que ce qui m’intéresse derrière tout ça, ce sont les maths et leur complexité 😉

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Et donc, la Maîtrise en Ingénierie Financière, c’Est quoi?
Objectif général
Ce programme forme un spécialiste hautement qualifié en ingénierie financière (financial engineering), capable d’utiliser des outils mathématiques sophistiqués pour résoudre des problèmes liés à l’ingénierie et à l’innovation financière au sein de divers établissements financiers et organismes gouvernementaux.

Les mathématiques sur lesquelles repose l’ingénierie financière sont de haut niveau, et la demande de spécialistes dans ce domaine est en forte croissance. La spécialisation proposée associe la formation en mathématiques, en statistique et en calcul numérique avec la formation en finance moderne et en économétrie.

Objectifs particuliers
– comprendre les différentes facettes du fonctionnement des marchés financiers et des institutions financières dans le contexte d’aujourd’hui;
– utiliser le calcul stochastique, les méthodes numériques et les techniques de simulation dans la résolution de problèmes de conception des produits dérivés, de mesure, de gestion et de contrôle des risques financiers;
– maîtriser suffisamment l’économétrie pour développer des modèles de prévision, d’analyse et de couverture des risques;
– développer des modèles d’évaluation des titres contingents, les résoudre numériquement, les tester et les implanter;
– utiliser et adapter les modèles de gestion des risques;
– comprendre les hypothèses sous-jacentes, la portée et les limitations de divers modèles en finance.

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The Postman Écrit par :

8 Comments

  1. 25 mai 2016
    Reply

    Yé ! Merci très cher ! Je n’ai pas dormi, et j’ai (presque) tout compris 😀
    Je l’ai déjà lu deux fois, il va me falloir une ou deux autres lectures pour être sûre 😉 (oui,j’ai vraiment un énorme soucis avec les maths, les problèmes et tout ce qui va avec ^^) mais j’aime ça les explications sur des sujets qui me dépassent totalement !
    Sinon, es-tu sûr de n’être qu’asocial ? Non parce que tu me fais vachement penser à un Asperger en fait ! Cette passion pour les maths, cette aversion pour les gens et tout, tu me fais de plus en plus penser à mon chu et à mon fils :p.
    Bonne fin de nuit et bonne journée 🙂

    • 25 mai 2016
      Reply

      ben, là, y a pas encore vraiment de math :p
      Non mais ça va, tsé… je suis asocial car trop sélectif dans mes contacts; j’ai eu mes années de beuverie (elles n’ont pas été très longues d’Ailleurs), je maîtrisais en JDR, J’ai joué à Magic… tout ça, c’est du social… même si j’aime pas les gens (il faut ce qu’il faut – faire du JDR tout seul, ça n’aide pas)… et puis, je ne vis pas que pour les maths, je game et je geek 😉

      • 25 mai 2016
        Reply

        Hahahahaha ^^. Nan mais je dis juste que tu y fait penser 😉

  2. 25 mai 2016
    Reply

    tu m’as perdue dès le titre, désolée ^^

  3. 27 mai 2016
    Reply

    tu m’excuseras, je passe mon tour de lecture :p

    • 27 mai 2016
      Reply

      Voyons donc! J’ai vulgarisé en plus! pffff… j’suis triste et je vais bouder, na! 😉

  4. 28 mai 2016
    Reply

    Bon j »avoue j’ai sauté certains passages… j’ai eu l’impression de me retrouver en cours! 😉

Quelque chose à rajouter?