L’après-démocratie

Il y a quelque chose de pourri dans la démocratie; on en sait pas trop quoi, mais on le sent.
Est-ce la corruption? en partie…
Est-ce les mensonges de politiciens? aussi…
Est-ce la distance politique-citoyens? certainement…
Est-ce les promesses non-tenues? on y croit…

Mais c’est peut-être aussi la crédulité des gens, ou leur foi en le système, ou leur compréhension biaisée du monde,… ?
Non, ce n’est pas négatif, c’est humain! Le cerveau a ses limites – que le conscient ignore.

Il y a de l’excès en tout, et étrangement, nous avons une tendance à simplifier tout pour ne voir que l’excès. Il ne s’agit pas de l’arbre qui cache la forêt mais de représenter la forêt par un arbre.

Pourtant, on y croit… on veut croire que chaque voix a son importance lorsque l’on va déposer un bulletin dans une urne.
Sauf qu’il est impossible de voter en phase avec nos convictions, car nous ne connaissons pas nos convictions et ce qu’elles impliquent.
On vote par rejet du système, on vote par habitude pour un parti, on vote pour un candidat qui parle bien, on vote pour protester… Mais on ne sait pas pourquoi l’on vote réellement. On se donne bonne conscience: je suis un acteur de mon pays, ma région, ma municipalité, ma rue, ma maison, moi [ndlr: ça y est, ça déraille].


Mais rien ne change (de notre point de vue) ou alors, trop lentement pour nos perceptions humaines
Et puis, la démocratie d’à côté, elle casse nos propres projets. Pire! Nos voisins font des référendums [ndlr: referenda, ce serait plus correct], vous imaginez? Et ils disent que le Peuple a parlé!

Mais ça ne marche pas car les élus ne font pas ce qu’on pense qu’ils devraient faire pour notre bien-être, enfin, mon bien-être entendons-nous bien là-dessus (et par extension, celui de nos enfants).
C’est pas comme ça que les choses se passent… la machine est complexe, trop complexe.

Donc voilà, il serait utile d’avoir un plan K, L et même M! (les autres lettres sont déjà prises: despotisme, impérialisme, religion, pessimisme, fatalisme, fanatisme, communisme…)… tout en ayant notre mot à dire [ndlr: bien que je suis pas sûr de tous vouloir les entendre]


Déjà, je dirais qu’il faudrait un permis pour voter: Tracer une croix sur un bulletin, ça nécessite quand même un minimum de doigté [ndlr: Souvenez-vous que je n’aime pas les extrêmes, donc je ne vise aucunement les personnes handicapées] et de capacité intellectuelle [ndlr: là aussi, je pense que les analphabètes ont leur mot à dire]. D’ailleurs, il devrait y avoir un vote par famille, sauf si on n’arrive pas à se mettre d’accord au sein de notre maison.
Pourquoi une telle limitation? Généralement [ndlr: il s’agit donc d’une généralité et je suis au courant qu’il existe des exceptions], les intérêts au sein d’une famille sont les mêmes (la lutte des classes dans une maison, c’est rare – sauf si vous avez des ados révolutionnaires – mais eux ne votent pas – ils sont ados, hein!). Qui plus est, 15 personnes vivant sous le même toit et votant FN, je suis sûr que vous n’aimeriez pas [ndlr: enfin, je dirais que le lecteur lambda de mon blog sera d’accord avec moi sur ce sujet].
Et puis, comme dit ma copine Cécile: « Mort aux cons »… mais comme je ne suis pas un assassin, je préférerais les bâillonner tout simplement (ou les lobotomiser en leur passant les Bisounours en boucle pendant des heures).
Le problème, c’est que cette solution est trop radicale. Et s’il y avait une personne avec des idées intéressantes dans le tas, une lueur d’espoir pour l’humanité? Un petit test, pas trop simple mais trop ardu non plus, et nous voici avec un permis de vote. Et ce serait gratuit en plus! (bon d’accord, on vous fera payer la photo et la carte, mais l’examen est gratuit… mais pas les frais de port).

Maintenant, le problème, c’est la représentation populaire: le député pour qui on a voté, lui, il a ses propres idées qui ne sont pas TOUTES les mêmes que vous! Pire, ses idées, ce sont ceux de son parti, non les siennes! Et puis, il ressemble à Justin Trudeau, c’est pour ça que vous l’avez élu, non? [ndlr: ça sent le retrait de permis]. Et, enfin élu, il doit prendre des décisions pour vous sur des sujets dont il comprend à peine le contexte et, paf, vous perdez vos allocations de chômage à cause de lui! Pas de bol, hein!
Dans le meilleur des cas, il demandera conseil à des spécialistes avant de prendre sa décision.. spécialistes qui ont déjà un parti pris… Pfff…

Autant vous-même voter pour des spécialistes, non?
[ndlr: est-ce que vous me voyez venir?]


Donc, là-derrière, on a une technocratie déguisée: nos élus prennent des décisions sur base d’experts (parfois douteux) mais c’est eux qui signent.
[ndlr: La technocratie est une forme de gouvernement (d’entreprise, d’État) où la place des experts techniques et de leurs méthodes est centrale dans les prises de décision]
Oui mais, pour un expert qui dit une chose, on en trouve d’autres qui disent l’inverse!
Et donc, nous pourrions agir autrement… Et si nous élisions nos experts?
Transformons le bulletin de vote avec des catégories plutôt que des « bêtes » listes: Pour chaque « Ministère », on choisit notre expert [ndlr: désolé pour mes amis belges avec un nombre de ministères régionaux, fédéraux, provinciaux et communautaires incalculable].
Ces experts ne doivent pas être trop nombreux, ils doivent avoir un CV; on leur attachera même un attaché de presse, parce qu’il faut traduire en français leur jargon.

Bon, ce n’est pas tout… Il faudra quelqu’un pour les chapeauter: Le technologue suprême! (ou le président, appelez-le comme vous voulez). Son rôle, c’est la coordination et la représentation à l’étranger.

Et le Sénat et les députés alors? Ils seraient constitués de duo: un citoyen lambda et un expert-délégué…

Reste un petit point: Les prérogatives gouvernementales! Actuellement, on s’amuse à gérer les budgets en fonction que l’on est de gauche ou de droite [ndlr: du centre, vert, extrême, etc…], en mettant les priorités sur des enjeux propres à chaque parti.
Vu qu’il n’y a plus de parti, ce serait aux électeurs de décider comment répartir le budget [ndlr: faut qu’il sache compter jusqu’à 100]: Tiens, cette année, on va mettre l’accent sur l’environnement puis le chômage et enfin la santé (50,25,25).
L’autre possibilité, c’est que l’électeur choisisse simplement 3 compétences (et donc 3 experts) sur un bulletin, et puis on laisse faire les statistiques.

J’arrête là ma vision délirante [ndlr: ou pas, c’est à vous de juger – cherchez technocratie sur Google] d’un avenir possible… Il y a moyen de développer et faire en sorte qu’aucun abus ne soit possible, mais le principe démocratique est conservé (sauf pour les c… ).


[ndlr: veuillez prendre en note que je ne me suis pas amusé à faire de l’Histoire. J’ai laissé Athènes et Rome dans leur coin, mais on peut y revenir plus tard]

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The Postman Écrit par :

22 Comments

  1. L_Alien_d_Alice
    10 janvier 2017
    Reply

    « Something is rotten in the state of Denmark » (Hamlet, I, 4, Marcellus). Je suis plus calée en littérature qu’en politique…
    Pourquoi vision délirante ?

    • 10 janvier 2017
      Reply

      être visionnaire, c’est être fou pour ceux qui ne veulent pas se projeter dans l’avenir.

    • 10 janvier 2017
      Reply

      Rien à voir, mais je viens de finir un anime basé sur Hamlet et la Tempête, donc j’oppose à ta citation celle-ci: « Les amoureux et les fous ont des cerveaux bouillants, des fantaisies visionnaires qui perçoivent ce que la froide raison ne pourra jamais comprendre. » (et vu que je ne me considère pas comme « Amoureux » lol)

  2. 11 janvier 2017
    Reply

    De toutes façons, la démocratie en tant que telle est biaisée. Ce n’est pas le peuple qui gouverne, ce sont ses représentants.
    Et puis il faudrait pouvoir désavouer un représentant qui ne bosse pas correctement.
    Tenir compte de du taux d’abstention et du vote blanc qui sont une manière de s’exprimer aussi. Moi j’en ai marre de voter non pas pour quelqu’un/ses idées mais contre l’autre en face ; sauf que si je ne vote pas ou vote blanc, ça ne servira à rien alors que ça veut dire quelque chose.
    Renouveler régulièrement le « stock » des politiques et exiger qu’ils aient une expérience dans la vraie vie avant d’entrer en politique et les mettre à des postes qui correspondent à leurs connaissances/compétences.
    interdire le cumul des mandats.
    Cesser les distinction droite/gauche qui biaisent le regard qu’on peut avoir sur des idées, il y a du bon et du moins bon un peu partout (ok, pas sûre que dans les extrêmes on trouve du bon, sinon celui de bousculer le côté pépère de certains ; le danger, c’est de reprendre leurs idées telles quelles plutôt que creuser pour trouver ce qui les cause et comment y remédier intelligemment).

    Bon, je n’ai plus qu’à creuser ce que c’est que ton histoire de technocratie 😉

    • 11 janvier 2017
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      Oui mais là, tu débordes sur mon article que je suis en train d’écrire… pfff 😉
      Le caractère biaisé du représentant, c’est que le représentant n’a pas TOUS les mêmes avis que toi et donc que tu dois faire un choix du compromis. Si, dans chaque sphère « ministérielle » (ou domaine), on pouvait choisir, ce serait plus réaliste.

  3. 11 janvier 2017
    Reply

    En gros ta vision et même son point de départ, c’est précisément l’inverse de ce qui se passe chez moi.

    • 11 janvier 2017
      Reply

      Tu peux développer, stp? (j’sais, j’suis parfois dur à la comprendure)

  4. 11 janvier 2017
    Reply

    en effet, arrête ta version délirante, parce que mettre les votants dans des catégories est instaurer un permis de voter … qui sait dans quelle catégorie, on te mettrait, toi ?

    • 11 janvier 2017
      Reply

      L’idée, c’Est le permis de vote pour ce qui est des votants; tu le passes à l’école (en fin de secondaire) par exemple; ou simplement à la municipalité sur demande. Mais je reconnais, c’est humain de vouloir de voter avec ses sentiments et ses rancœurs… ça ne fait juste pas avancer les choses…
      Et puis, vu qu’il est impossible d’avoir un candidat qui représente tous nos intérêts, l’idée est donc de choisir plusieurs candidats en fonction des mandats (domaine d’expertise)

  5. 11 janvier 2017
    Reply

    Oups, pardon d’avoir pris un train d’avance 😉
    Certes, un représentant n’est qu’un représentant, pas un double ni un clone. Cela dit, même si la vie est une suite de compromis, si le représentant modifie sa feuille de route de telle manière que je ne me sens plus représentée et en plus, dévie complètement de ce pour quoi je l’ai élu, je me sens légitime à vouloir le désavouer.

    • 11 janvier 2017
      Reply

      Certes, j’ai des idées sur ce point aussi… 😉

  6. 11 janvier 2017
    Reply

    J’apprécie tes prises de position politiques. La répartition du budget entre différents postes est intéressante, l’immigration ou l’armée prendrait toutefois toute la place… Voter pour des experts n’est pas évident quand on ne s’intéresse pas aux problèmes de société en profondeur. Je suis plus pour voter pour un gouvernement proposé par un candidat président : il présente ses possibles équipiers, explique ses choix selon leurs pacours et compétences, définit leurs missions selon leurs priorités pour la Nation. Asocial toi ?

    • 12 janvier 2017
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      Asocial ne veut pas dire qu’on ne doit pas s’intéresser à l’avenir de l’humanité. C’est plus que je ne supporte pas les niaiseries des gens donc ceux-ci deviennent des paramètres d’une équation.

    • 12 janvier 2017
      Reply

      Va falloir qu ej publie un manifeste si ça continue 😉

  7. 16 janvier 2017
    Reply

    Euh, moi je sais pourquoi je vote : mes valeurs. Et je milite même un peu dans un parti qui les incarne (QS). Je ne sais pas ce qu’on peut faire d’autre pour améliorer la société, sauf s’impliquer dans un parti, son école, son syndicat, son quartier, etc., et créer le monde auquel on rêve. Okay, c’est utopiste, mais c’est dans ma nature 😀

    • 16 janvier 2017
      Reply

      Le soucis, c’est que ce n’est que local; une municipalité, seule, ne peut vivre en autarcie et dépendra toujours de ce qui se passe ailleurs et de ses échanges avec l’extérieur.

  8. 16 janvier 2017
    Reply

    Je n’arrive pas à répondre à tes commentaires. Donc voici :

    QS, d’abord, c’est provincial 🙂 Et puis, ne dit-on pas « Pensez global; agissez local »? Selon moi, c’est dur de faire autrement. Parce que, sans un appui de la base, il ne peut rien se passer.

    Encore un sujet à discuter devant une bière 😀

    • 16 janvier 2017
      Reply

      (problème résolu)
      Le problème étant que la base est trop éloignée du sommet pour que cela marche.

      • 16 janvier 2017
        Reply

        Merci pour la résolution du problème 🙂

        En fait, tout dépend de la force de mobilisation et de persuasion de la dite base. De grands changements sociaux ont été initiés par de simples citoyens, comme le droit de vote de femmes ou les droits civiques des noirs. D’un autre côté, ici, c’est le gouvernement qui a instauré l’éducation publique ou nationalisé le système de santé. En fait, ce qui importe, c’est de maintenir l’effort de changement dans le temps. C’est aussi le plus difficile. (Je rappelle pour la forme que j’ai un bacc en psycho, hein! 😉

        • 17 janvier 2017
          Reply

          Je pense qu’il y a vraiment beaucoup de choses à discuter devant une bière 🙂

Quelque chose à rajouter?