Étrange concept qu’est « le mal du pays »

Tant de gens me disent que c’est courageux d’avoir tout quitté pour aller vivre dans un pays situé à plus de 6000km de tout ce que l’on connait.

C’est étrange mais je n’ai jamais compris en quoi c’était difficile ni en quoi cela faisait partie d’un défi… Peut-être était-ce dans mes gênes? Pour moi, ça faisait partie de la vie: il devait en être ainsi car nous devons évoluer. Quand une société (au sens très large) ne permet pas de s’épanouir comme il se doit et génère plus de frustrations que d’éléments positifs, il n’est plus possible de se faire un tableau de pour et de contre.

Quitter mon pays pour vivre ailleurs, je l’avais décidé à l’âge de 16 ans lorsque d’un échange extra-scolaire avec le Québec. Ce projet a été remanié de nombreuses fois et rangé dans un tiroir régulièrement  car il y avait toujours un élément perturbateur ou quelque chose à finir avant: des études à finir, de l’expérience de travail à accumuler,… Mais voilà, il n’a pas été oublié.

Que quitte-on? Je ne parlerais que pour moi car chaque membre de la famille laisse derrière lui des relations et des environnements différents.

– La famille: Pour certains, elle se résume aux frères et sœurs ainsi qu’aux parents; pour d’autres (est -ce plus facile?), il n’y a personne. Pour ma part, je laisse un grand-père, mon père et sa nouvelle famille (sa femme et ses enfants/petits-enfants) avec qui j’avais de bons contacts, un grand-père (même si je n’y allais que 2-3x par an), une mère que j’adore (et mon beau-père – mais euh.. no comment..), 5 oncles-tantes avec leur descendance (que j’essayais de voir dès que c’était possible) et un frère, sa femme et sa fille (note que je serais encore tonton dans une quinzaine de jours). Bref, même si il y a des tensions dans la (grande) famille, j’ai toujours été en très bon terme avec eux et ça me fait toujours très plaisir de les revoir. Je dois surtout ça à ma mère qui n’a eu cesse de me répéter que ce n’est pas parce que les « grands » se disputent que leurs enfants doivent en pâtir. Pour mes parents, c’est un peu plus dur car, même si ils étaient résignés à ce que je parte, j’éloigne par mon départ la première de leur petite-fille. Il n’empêche que ma mère nous rend visite une fois par an (3 semaines). J’appelle mon père au moins une fois par mois et je ne désespère pas de le voir nous rendre visite. Skype est aussi un bon moyen de garder contact et de se voir.

– Les amis, les vrais comme les moins-vrais, étaient une dizaine tout au plus. On les voyait de moins en moins, chacun faisant sa vie (ou la refaisant). C’était toujours des soirées agréables où l’on délirait le plus possible. Certains étaient plus présents que d’autres, mais les disponibilités de chacun nous empêchaient de nous voir plus souvent et finalement le contact se faisait majoritairement par mail, téléphone et sms. Et cela, que l’on soit à Waterloo ou à Hong Kong, cela ne change rien à ces moyens de garder contact. Certains cependant ne donnent plus signe de vie et ce fut blessant car il s’agit de ceux que l’on croyait fidèles. Mais bon, la vie ne s’arrête pas là et des amitiés, il est possible d’en reconstruire ici aussi – même lorsqu’on est asocial (ça prend juste plus de temps).

– Le boulot et les collègues: bah… vu que je changeais souvent de client, ça me pose moins de soucis. Certains vous recontactent pour avoir de news et d’autres parce qu’ils veulent immigrer. Ça nous fait des visites et l’on est bien content de ça.

La séparation et les premiers mois sont un peu durs vu qu’on doit s’adapter au changement. Jusque maintenant, j’avoue n’avoir jamais ressenti le mal du pays et avoir eu envie de revenir. Nous voyons la famille et les amis (beaucoup) moins souvent mais chaque rencontre se vit plus longtemps et plus intensément (les gens traversent rarement l’océan pour venir souper puis rentrer chez eux lol).

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The Postman Écrit par :

8 Comments

  1. 25 février 2015
    Reply

    pourquoi j’ai l’impression que tu réponds aux questions que j’ai pas encore posées 😉

    • ThePostman
      25 février 2015
      Reply

      J’ai un don de voyance (j’ai commencé l’article il y a un mois) 😉

  2. 25 février 2015
    Reply

    Super article que j’approuve à 100%! J’ai eu une réflexion semblable lorsqu’on me disait : « Et puis? Ta nouvelle vie, ça va? ». Je n’ai jamais eu l’impression de mourir et de recommencer une nouvelle vie… Je suis encore la même que j’étais, mon chemin a simplement pris une autre route. Je l’explique un peu plus dans cet article si le cœur te le dis! À bientôt! 🙂 http://rose-et-bum.com/2014/12/constats-dune-expatriee.html

    • ThePostman
      25 février 2015
      Reply

      En effet, quitter le Québec pour le Manitoba semblent avoir été une aventure palpitante… et tu récidives donc en t’installant en BC! « Et ta seconde nouvelle vie, ça va? » ;-))))

      • 19 mars 2015
        Reply

        Je n’ai pas trouvé le moyen de m’abonner par courriel aux commentaires, du coup ma réponse vient presqu’un mois plus tard alors que je faisais le tour de ton blog que j’adore et que je me suis souvenue que j’avais commenter ton article!!! lol! Oh oui! Ma seconde résurrection est bien meilleur que la première!! 😉 BC est définitivement 3 millions de fois mieux que le Manitoba mais 1 fois moins que le Québec! 😛

        • ThePostman
          20 mars 2015
          Reply

          Tu n’as pas une case à cocher en-dessous du commentaire pour le suivi? strange.. :-/

          • 20 mars 2015
            Reply

            Non pas pour cet article en tout cas… Peut-être l’as-tu ajouté après?

            • ThePostman
              20 mars 2015
              Reply

              Possible… j’ai fait beaucoup de modif…

Quelque chose à rajouter?