Et si on changeait le monde? [2]

Le calcul de la rémun’heuration
[ndlr: il fallait bien trouver un terme, non?]
Je vous ai proposé un calcul « simple » pour calculer la rémun’heuration d’un individu, à savoir que l’on compte le travail en heures ajustées et non en argent:
On va considérer que le calcul de l’ajustement est linéaire et que la technologie est suffisamment avancée pour le calculer de manière synchrone et précise (c’est à dire qu’on attendra pas la fin du mois pour savoir combien d’heures ajustées ont été prestées).
Donc lorsque vous travailler une heure, on multiplie cette heure par plusieurs coefficients, tous indépendants (si possible), et tous supérieurs à 1 (psychologiquement, c’est important):
– Coefficient de diplomation: dépendant du nombre d’années d’études requis pour le travail en question. Valeur entre 1 et 2 (2 pour le doctorat)
– Coefficient d’ancienneté (dans la position): dépendant du nombre d’années/heures occupées. Valeur entre 1 et 2 (2: la personne a plus de 20 ans d’expérience – je sais, ça manque de précision)
– Coefficient humain: Y a t’il des vies humaines directement en jeu? (ex. un chirurgien qui opère, …). Entre 1 et 2. (1 aucun risque du tout; 2 des milliers de vies)
– Coefficient de risque environnemental: C’est clair que travailler au cœur d’une centrale nucléaire ou dans un bureau au centre-ville présente un niveau de dangerosité bien différent; il en va de même que le scientifique qui travaille au Pôle Nord par -30… Valeur entre 1 et 2.
– Coefficient social: Un des plus importants dans ce mode de pensée: est-ce que le travail accompli fait avancer l' »Humanité ». Oui, je sais, le sourire de la serveuse le matin rend heureux, mais on ne va aller à dire qu’il améliore le destin du monde, non plus… par contre, le chercheur qui travaille à un vaccin contre le sida, ou la directrice d’une association luttant contre la faim dans le monde (c’est un exemple, utopiquement, dans 1000ans, j’espère qu’il n’y aura plus de famine). Entre 1 et 2.
– Coefficient de chance: « Du pain et des jeux », souvenez-vous! Le caractère joueur, lui, n’est pas représenté dans ce système. Donc on pourrait prévoir une loterie dont les prix sont des ajustement de coefficient (ex; gagner à l’euro-millions, ça équivaudrait à un coef de 4 pendant 20 ans). N’oubliez pas, que dans le monde décrit, les gens ont envie de travailler, d’être utiles, de se faire une place dans la société, et surtout, ils font le travail qu’ils aiment… Valeur de 1 à 4.
– Coefficient de popularité: Dans le même genre, même si mon côté asocial est outré, la popularité d’une personne peut faire d’elle un exemple à suivre pour le reste de la population. Donc allons-y, ici encore, pour des valeurs allant de 1 à 2.
– Coefficient familial: Son utilité s’expliquera plus bas. Là aussi, entre 1 et 2.

J’hésiterais sur la création de facteur d’âge (plus on est vieux, plus on accumule vite), écologique (être respectueux de la Planète), de pénalité (il devrait être à 2 par défaut, et tomber à 1 lorsqu’on enfreint la loi), … mais ce serait « too much ». Déjà là, je trouve que ce n’est pas trop mal.
A partir de cette base, on peut définir quasiment l’évolution de toutes les professions (et de ceux qui ne travaillent pas). Il n’y aurait pas de mauvaise surprise, juste des bonnes:
– la rémun’heuration augmente avec le temps
– il y a différentes façons de « gagner plus »
– au départ, tout le monde est au même point.

En cas de pause-carrière ou de maladie, on peut prévoir une accumulation minimale (entre 1 et la moitié de la rémun’heuration).
Ceux qui ne travaille pas, s’il y en a, n’accumule donc pas MAIS vu qu’il y a un niveau minimal, ils ont donc droit à tous les acquis sociaux (leur propre logement, de quoi subvenir à leur besoin, etc…)


Les avoirs des échelons
D’abord, il y a le logement. Ne pensez pas au régime communiste d’antan où on logeait tout le monde dans des kommunalkis (logements communautaires). Non, d’abord, n’oubliez pas que chaque individu est différent et qu’en plus, les besoins évoluent avec le temps. Aux études, certains préfèrent jouer les Tanguy jusqu’au bout, tandis que d’autre voudront voler de leurs propres ailes à peine sorti du secondaire. Donc, les premiers logements sont de la co-propriété (il appartient à plusieurs personnes et on se partage les zones communes), des studios, des petits chalets, des petites maisons (1 chambre, 1 pièce de vie avec cuisine, une salle de bain et une cour avec mini-jardin/potager). Évidemment, cela ne doit pas être inscrit dans le marbre. Si le « jeune » est en couple, on doit pouvoir combiner. S’il y a des enfants, on rajoutera une chambre.

Et puis, il y a évolution des besoins au fil du temps… On pourrait lier directement la superficie de la maison à l’échelon cumulé des habitants.
Quant à celui qui reste dans la maison familiale, on peut augmenter le coefficient familiale durant la période de cohabitation.
Et puis, si on est plus ville que campagne, on peut aussi préférer un appartement à une villa… tout cela est à prendre en compte. C’est techniquement réaliste.


Je l’ai dis et je le répète, la nourriture ne doit pas être sujet à négociation: tout le monde a droit à tout! Seule la quantité pourrait être ajustée, principalement pour éviter les gaspillages (ou le surplus de « fêtes »). N’oublions pas que, encore ici, tout le monde est différent! Tout le monde n’aime pas forcément les bananes et encore moins les pizzas et hamburgers (ndlr: tant mieux pour moi :p).
Il ne faut pas non plus qu’un genre de rationnement soit mis en place. Il pourrait cependant être « transparent »: quand on va à l’épicerie, même si l’argent n’a pas cours, cela ne veut pas dire qu’on enregistrerait pas les achats effectués dans un genre de base de données. En cas de dépassement de la norme (Sigma-1 dans une courbe de Gauss?), on envoie les huissiers une notification, avec possibilité de s’expliquer (mais on en veut pas pour autant un big brother – après tout, le gars peut être en dépression et a décidé de faire un régime Pizza). Le but, c’est de rester « humain » dans les démarches.
Maintenant, si on tombe vraiment sur des abus, il faudra prévoir des mesures. Je suis d’Avis que d’avoir son nom et sa photo placardée sur la porte d’un magasin comme « contrevenant », ça doit faire son effet. Bon sinon, on peut aussi interdire l’entrée dans les épiceries à cette personne et c’est un « livreur » qui apporte le « strict » nécessaire de nourriture à l’individu en tort.

Les moyens de transport sont aussi liés à l’échelon. Il a aussi un impact sur le coefficient environnemental (utilisation du vélo ou des transports en commun, ça devrait être un incitatif). Cependant, il pourrait s’avérer nécessaire, soit de manière permanente, soit temporairement (le temps de faire ses courses ou lors de vacances).
Pour ceux qui ont une voiture permanente, on pourrait considérer qu’il s’agit d’une voiture de société mais dont ils seraient propriétaires. Si il y a obligation d’avoir un véhicule, on ne peut pas pénaliser l’individu, par contre s’il choisit un modèle plus luxueux que nécessaire, on pourrait diminuer son coefficient environnemental (lequel devrait, dès lors, être par défaut à 1.25 et tomberait à 1).
Il est aussi indispensable de gérer la durée de vie de ces moyens de locomotion (on peut estimer, peut-être, que nous ne serions plus dans une monde où l’obsolescence programmée est omni-présente – et où le recyclage, même de camion, puisse être efficace à 95%).

Le mobilier et les accessoires, là, on rentre plus dans la gestion propre de chaque individu. Les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas… oui mais bon, entre un fauteuil IKEA et une rocking chair fabriquée à la main par un bûcheron écossais [ndlr: je ne connais aucun bûcheron écossais et je n’ai aucune idée s’ils savent fabriquer des chaises qui font du rock], il y a tout un monde!
Il y a bien évidemment des indispensables: un lit, un frigo une table, des chaises, un fauteuil, (une TV, un ordinateur pour l’accès à l’information!) une garde-robe…
Doit-on inclure le lave-vaisselle et la machine à laver? Je dirais que non; ces articles, eux, devraient faire partir de l’échelon suivant.
D’ailleurs, les échelons suivant augmentent la possibilité d’obtenir plus de mobilier non-nécessaire.
Comment gérer la chose? Irais-je ajouter une coefficient de « consommation » (1.25 par défaut; plus si vous postposez, mois si vous allez « à crédit »)? Ceux qui consomment peu pourraient, en se privant (ou simplement parce qu’ils sont « comme ça »), augmenter leur rénum’heuration afin d’obtenir plus ou mieux ultérieurement (c’est un peu comme si vous économisiez pour vous acheter ce dont vous « rêvez »)
Une fois ce coefficient descendu au seuil minimal (c’est à dire 1), vous êtes soumis à un contrôle et on vous demandera de vous justifier (et si vous êtes amasseur compulsif, on vous envoie en cure).


Pour les loisirs de type « sport », je ne mettrais aucune limitation dans le choix du sport en question, par contre, on adapterait le nombre d’heures « autorisées » en fonction de l’échelon.
Et puis, il y a les autres loisirs: la lecture, le cinéma, le théâtre, les arts, les musées…. etc… Tout ce qui est culturel, c’est un droit illimité indépendant du niveau.
Pour les activités plus sociales (beuveries, fiesta, débauches…) , on ne doit pas interdire.. mais on doit trouver un moyen de contenir (ou prévenir) les abus. J’ose espérer que les autres activités de la vie. Ils ont leur importance dans le développement de chaque individu. L’éducation aura un grand rôle à jouer pour ces points.

[ndlr: je pensais ajouter un chapitre sur les taxes et les impôts, mais ce sera dans le 3ème billet, avec l’éducation.]

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The Postman Écrit par :

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