Et si on changeait le monde? [1]

Ce sont les rêves d’aujourd’hui qui créeront l’humanité de demain. Tout ce qui nous est arrivé de bien a forcément été rêvé un jour par un de nos ancêtres. Et tout ce qui arrivera de bien à nos descendants est forcément imaginé par quelqu’un vivant actuellement. Peut-être toi.
B. Werber, Troisième Humanité

Premier billet d’une série qui se veut déconnectée de la réalité du jour, loin des guerres de pouvoir et des enjeux politiques et économiques.
La citation ci-dessus est un argument de taille: Je ne vivrais certainement pas dans une humanité harmonieuse, logique, mathématique, heureuse,… mais rien n’empêche de penser à ce qu’elle serait, en-dehors de toute considération technologique ou de sciences-fiction. Peut-être dans un millénaire, peut-être dans deux? peut-être jamais…


J’imagine un monde idéal, un monde où l’argent n’est pas un moteur en soi, où l’argent n’est qu’une façon d’échanger des biens et encore! C’est encore de trop…
Car l’argent, c’est la source de tous les maux, c’est d’ailleurs le nerf de la guerre, et non celui de la paix.
Il ne fait pas le bonheur, mais il y contribue grandement.
Comment peut-on changer les choses?

L’homme, en soi, n’a pas besoin d’argent; il a besoin de nourriture, d’eau, de s’occuper, d’avoir un lieu où vivre, d’avoir sa place dans la société, de penser… Les loisirs ne sont pas obsolètes, aimer n’est pas obsolète non plus. Et cela, qu’il s’agisse d’un asiatique, d’un africain, d’un sud-américain, d’un européen, d’un juif, d’un musulman, d’un pygmée…


Posons donc les premières bases:
La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme est appliquée.
Les citoyens du monde n’ont pas à se préoccuper de l’argent.
Chaque individu a droit de posséder un logement avec les fournitures de base (ça restera à définir) ainsi qu’à une certaine quantité minimale quotidienne (aussi à définir) de nourriture de son choix [ndlr: le but n’est pas de faire revivre le communisme].

Cependant, même égaux en droits, nous sommes tous différents, dans notre physionomie, mais aussi dans nos capacités et aptitudes. Qui plus est, nous sommes tous psychologiquement programmés pour chercher la gratification, pas forcément pécuniaire. S’il n’y a aucune évolution, l’individu n’aura aucune motivation pour participer à la vie sociale.
S’il veut obtenir plus, il doit donc s’investir plus.
Une telle égalité et contrainte nécessite qu’une entité, telle qu’une société d’État, gère le niveau de propriété d’un citoyen, sans pour autant interdire le rêve. On peut donc imaginer que, si un individu lambda souhaite avoir une villa sur la plage, ceci restera dans les cordes. Cependant il aurait droit à occuper ce bien qu’un certain nombre de jours par an (ndlr: c’est un peu comme les fantasmes, une fois qu’ils se sont réalisés, ils perdent de leur intérêt). On peut aussi prévoir un système basé sur la justification par nécessité lors qu’on souhaite posséder un bien qui est hors de notre portée (pourrait-on parler de niveau de propriété?)

Concernant la nourriture, partons du principe que lorsque vous rendrez dans une épicerie, vous pouvez « prendre » (le terme « acheter » serait politiquement incorrect) tout ce que vous souhaitez. Cela nécessitera d’éduquer les gens dès l’enfance sur les notions de gaspillage, de (bonne) nutrition, d’environnement, etc… Je serais assez opposé qu’il y ait des épiceries par niveau car tout le monde devrait avoir le droit de manger ce qu’il veut, ceci tant qu’il ne dépasse pas un certain cota. De toute façon, une certaine régulation se mettra en place: on a beau aimé les hamburgers, je suis certain qu’après en avoir mangé pendant plus de deux semaines, on choisira vite un autre aliment si on en a l’opportunité. Il en ira de même avec des mets plus « rares ».
Quid si l’on décide d’organiser une fête? Il suffira d’un peu de paperasserie (même si cela devrait être automatisé): une demande officielle pour l’octroi d’une plus grande quantité de nourriture. Bon, de là à ce que l’on limite le nombre d’événement? Oui, non, peut-être… à discuter.


Comment calculer ce niveau? Comment établir une échelle de propriété, tout en conservant les droits et les besoins de chacun? D’ailleurs, le fait que ce soit gérer par l’État pourrait poser un problème vu qu’on ne souhaite pas pour autant que les citoyens soient tous pour autant des fonctionnaires.
Deux points sont importants: ce que permet un niveau ET comment déterminer le niveau d’un individu.
Pour avoir droit à plus que la base, il faudra donc « travailler »; chaque travail étant différent, il mène donc à une échelle différente.
Qui plus est, la situation familiale d’un individu doit pouvoir aussi adapter ces droits de base.
Ensuite, techniquement, il devrait s’agir d’une échelle « finie »: il y aura un maximum.
Heureusement, l’informatique, ses algorithmes et une certaine logique devraient faire l’affaire (ça nécessitera un article)

Chaque individu, où qu’il vive sur la planète, utilisera la même échelle. Il est cependant évident qu’une maison canadienne et une maison saharienne sont différentes, que ce que l’on mange au brésil et en Russie, n’est pas vraiment identique, que les vêtements que l’on porte en Suède et au Cameroun est adapté à la situation climatique. A cela, on rajoute que travailler par -20 ou par +45, c’est aussi contraignant dans les deux cas.
Donc, afin de situer un individu dans cette échelle, les règles restent les mêmes dans tous les pays du monde.
On pourrait imaginer: Échelon = Heure travaillée * facteur de diplomation * facteur de risque * facteur d’ancienneté * facteur de complexité * ….
On peut imaginer un solde qui serait transmissible à la génération suivante, bien que cela fait apparaître des notions d’héritage qui seraient complexes à détailler (mon modèle n’est pas encore clair).


Dernier point de ce sujet: Nous ne travaillons pas forcément pour l’État, ce qui implique l’idée suivante:
– Un individu travaille pour une entreprise
– L’entreprise crée des biens [nldr: quid du B2B – et puis, j’ai du mal avec la société qui crée des sièges auto lol]
– L’entreprise fournit la liste de ses employés, le nombre d’heure prestée, ses différents facteurs, etc… à l’État
– L’État, en échange d’une partie des biens produits, se charge de « rémunérer » les individus
Les échanges d’argent peuvent apparaître ici: les entreprises font du profit en exportant ou en vendant des biens à d’autres entreprises. L’État, lui aussi, peut acheter une partie des biens et faire des échanges avec l’extérieur.

Je m’arrête ici pour ce premier billet. Il faut aussi faire intervenir la notion de sécurité sociale (soins, éducation, retraite, …), fournir un exemple d’échelle, voir où le modèle ne tiendrait pas la route.
Mais avant tout, n’oubliez pas que tout se base sur un monde qui aurait évolué par rapport à notre époque. Je ne dis pas qu’il n’y aurait plus de querelle, mais elles pourraient être « canalisées » et prises en compte.
Je vous laisse donc cogiter (et me faire part de vos suggestions, idées)

Rendez-vous sur Hellocoton !
The Postman Écrit par :

6 Comments

  1. 19 avril 2017
    Reply

    mais que c’est compliqué dans ta tête … les gens produisent des richesses en travaillant, une partie de ces richesses sert à s’occuper de combler leurs besoins, c’est déjà pas mal. Faut juste utiliser l’argent pour les gens et pas pour l’argent lui-même. Que tout le monde ait des revenus à peu près identiques qui servent à payer ce qui doit être payé. Chacun choisis ce qu’il paie en dehors des besoins de base, comme aujourd’hui : on s’endette pour une maison ou bien on part en voyage. Le souci du système actuel c’est le conditionnement des gens avec la peur : peur de manquer, peur de ne pas avoir, peur de ne pas avoir assez, peur de perdre. Si cet élément disparait, c’est bon pour le reste.

    • 19 avril 2017
      Reply

      Et ils produisent de plus en plus de richesse au détriment de ce que cela impact… c’est un modèle obsolète… la peur et l’envie, c’est la seule chose qui maintient ce système ET l’habitude!
      Si tu devais rebâtir une civilisation tout en gardant les technologies, ferais-tu les mêmes erreurs que nos ancêtres? Généreras-tu du capitale à outrance au point d’en détruire la planète?
      Je pense qu’il y a d’autres alternatives… Pourquoi s’endette-on avec une maison? Et si la maison était la rémunération? Que le système serait suffisamment dynamique pour te permettre d’en changer quand elle ne te plaît plus?
      C’est là, de l’évolution…
      Bien sûr, il faut d’abord éradiquer la peur et l’envie (et peut-être les 5 autres péchés?)

  2. 19 avril 2017
    Reply

    Compliqué pour moi. L’argent ne serait-il pas un régulateur de ce que à quoi un individu a droit selon son niveau de travail ? A suivre…

    • 19 avril 2017
      Reply

      A l’origine, c’est sûrement sa vocation. mais sur le long terme, si l’on regarde l’état de notre civilisation, l’argent devient le principal moteur de toute chose.
      Mais, avec ce que l’on sait, avec la technologie, avec 3000 ans d’histoire, il faudrait peut-être revoir le système…

  3. 20 avril 2017
    Reply

    la peur n’est pas un péché mdr !!
    il faut redéfinir « richesse » et « réussir sa vie » avec des valeurs humaines et plus avec des valeurs numériques 🙂 quand on change l’unité de mesure on peut tout changer.
    Je me sentirai riche et j’aurai eu l’impression de réussir ma vie lorsque je pourrai passer une après-midi par semaine à lire un livre sans être dérangée 🙂

    • 20 avril 2017
      Reply

      On est dans le conceptuel, et dans plusieurs siècles. Il faut se déconnecter du mode de pensée moderne. Dans cette perspective, l’humanité est au centre; ce que tu désires, le système doit en tenir compte et te le permette. Quant à la peur, c’est le père de tous les péchés: on contrôle l’individu en lui faisant naître la peur d’aller en enfer. Disons que c’est un méta-péché 😉

Quelque chose à rajouter?