E-volution 6.0 – Chapitre 1 – Recrutement (1/6)

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Chapitre 1 – Recrutement

La journée d’hier s’est passée trop rapidement….
La veille, j’avais attendu en vain que le prince charmant, cet homme mignon rencontré via ce réseau pour célibataires, vienne me rejoindre au restaurant.
Il n’était évidemment pas venu et, après avoir dîné seule, je suis rentrée me vider la bouteille de Château Neuf du Pape que j’avais préparée « au cas où », puis j’ai sombré dans le brouillard.
Le vendeur m’avait affirmé que, malgré ses 10 ans d’âge, c’était la période parfaite pour déguster ce millésime 2051. Enfin bon, le bougre ne sait pas ce qu’il a perdu en ne se pointant pas à notre premier rendez-vous !
Au petit matin, à 7h30 précise, le réveil s’est mis au devoir de me réveiller. Cette cochonnerie ne savait-il pas que j’étais en congé ? Bon, j’avoue que j’avais improvisé ce jour de repos cinq minutes avant de quitter le bureau la veille.
Bon point tout de même, je ne subissais pas un de ces maux de crâne de mes lendemains de cuite – il faudra que je remercie le sommelier de ne pas m’avoir vendu du mauvais vin.

Biip biip biip
J’ouvre un œil difficilement et, d’une voix rauque, je donne la formule d’usage à l’intention de la machine : « reprogrammation 9 heures ». J’ai entendu un « OK cocotte» puis je suis retournée dans les bras de Morphée.

J’avais l’impression que dix minutes s’étaient écoulées lorsque mon ordiphone a émis la chanson consacrée à un appel vocal d’origine inconnue.
Lorsque les Rolling Stones, un groupe mythique du siècle précédent, avaient entamé « I see a red door and… », j’avais ouvert les yeux, me demandant qui pouvait bien m’appeler de si bonne heure ; quand, ils avaient attaqué « I see the girls walk by dressed… », j’avais vu que le réveil indiquait 9h15 et une poussée d’adrénaline m’avait éjectée du lit ; enfin, lorsqu’ils avaient terminé la fin du premier couplet avec « I have to turn my head until my darkness goes » , je prononçais les mots magiques « Accepter appel »
Les Stones s’interrompirent et une dame s’exprimant dans un anglais parfait, avait entamé une des discussions les plus importantes de ma vie…

– Bonjour ! Pourrais-je parler à Miss Eléonore Durand, s’il vous plait ?
– C’est elle-même ; à qui ai-je l’honneur ?
– Je m’appelle Anna, du bureau des ressources humaines du Canada. Est-ce que vous auriez quelques minutes à me consacrer ?

Cela faisait au moins 4 ans que j’attendais des nouvelles. Maintenant que j’avais l’opportunité d’en apprendre plus, je ne voulais prendre aucun risque.

– Bien sûr !
– Nous avons remarqué que vous avez mis à jour votre dossier il y a 6 mois. Y a-t-il eu d’autres changements qui devraient être pris en compte depuis cette date ?

Je pris le temps de repasser en revue ma dernière modification : mon statut était passé de « en couple » à « célibataire » et j’en avais profité pour supprimer les données concernant Stéphane. D’ailleurs, à y réfléchir, il n’était déjà pas très chaud à ce que je l’inscrive dans ma demande d’immigration, trop attaché qu’il était à sa patrie, à ses amis et déjà, sûrement, à Julia.

– Non, aucun
– Je voudrais vérifier quelques éléments de votre dossier lors d’une entrevue. J’ai trois plages à vous proposer ; cet après-midi à 14h, demain à 10h et après-demain à 16h.

L’intonation utilisée était claire : il n’y aurait aucune autre alternative réelle. Ce qu’on disait de la république techno-démocratique du Canada, c’est que l’on ne négociait pas avec ses fonctionnaires. Même si ils étaient sympathiques, ils respectaient les procédures au pied de la lettre, surtout en ce qui concerne l’immigration. Les places étaient autant limitées que les candidats étaient légions.

– Cet après-midi sera parfait, m’empressais-je de répondre
– Parfait. Une voiture passera vous chercher à 13h30 en face de votre appartement. L’entretien durera environ deux heures et consistera à une entrevue et à un test technique dans votre domaine.
– Je serais prête.
– Nous n’en doutons pas. A tout à l’heure donc.

Et elle avait raccroché.

Encore sous le choc de la tournure de la conversation, je me suis laissée tomber sur le lit. Il fallait que je me ressaisisse et vite. Il ne me restait plus que quatre heures pour me préparer et, comme tout candidat potentiel, je n’avais aucune idée à quoi m’attendre. J’espérais vivement trouver quelques informations sur la Sphère. Je ne m’inquiétais aucunement du test technique après 8 ans de conception d’interface entre l’humain et les intelligences artificielles ainsi qu’entre deux ou plusieurs IA . J’ai pensé à tout ce que j’avais accompli ces dernières années et j’espérais que tout cela soit suffisant pour me permettre de rejoindre ce pays loin de cette guerre durant laquelle j’ai vu emporter tant des miens.

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The Postman Écrit par :

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