Comment ça se passe à la maternelle au Québec?

De fil en aiguille, après quelques échanges avec Axelle , des questions sur le fonctionnement de l’enseignement pré-scolaire sont apparues et je me suis dit qu’un petit billet valait la peine d’être publié sur le sujet.
Non pas que je sois un expert ou que je sois un membre actif dans le comité de parents, mais, en tant que papa qui discute toujours avec sa petite fille de ses journées d’école, je pense pouvoir apporter un éclairage sur la vie de nos marmots à l’école.
Evidemment, je ferais fi des grands concepts (vous pourrez en apprendre plus sur le site du Ministère de l’Éducation).

Les compétences à développer

Comme le petit schéma ci-dessus le montre, l’objectif de la maternelle est axée sur le développement de ces 6 compétences et le moyen privilégié d’apprentissage sera le jeu.
Mais bon, ils apprennent aussi à compter (C. compte jusqu’à 100, par pas de 2 et de 10 – et va plus loin que 100 aussi, mais ça, c’est une autre histoire), à écrire (avant, elle écrivait en caractère d’imprimerie – majuscule, maintenant c’est en caractères manuscrits), à lire (d’après le voisin d’en face, à la fin de l’année, les enfants savent lire – je ne m’inquiète à voir les progrès de C. en la matière), et évidemment, ils apprennent du nouveau vocabulaire ainsi que les sciences, l’anglais et l’informatique.

La pédagogie
(ndlr: Je ne peux évidemment parler que de ce qui se passe dans la classe de Mme Stéphanie,l’institutrice de C. )
Le premier point, c’est que l’on développe le sens des responsabilités de l’enfant: ils sont 19 dans la classe et donc il y a 19 responsabilités différentes: cela va du gardien du couloir (surveiller que personne ne laisse traîner d’objet dans le couloir) au nettoyage des tables après chaque atelier (ils sont deux à la tâche), en passant par la distribution des classeurs (etc.). Régulièrement, l’attribution des rôles est effectuée. Dans le même ordre d’idée, tous les jours, un mini-prof est tiré au sort: son rôle, outre d’aider l’institutrice, est de présenter le matin l’horaire de la journée et de placer quelques magnets adéquatement sur le tableau.

Un second point intéressant, ce sont les défis du mois: en septembre, le défi consistait à connaître le prénom de tous les enfants de la classe (la prof, elle, elle les connait depuis juin et avait des photos pour s’entraîner, la chanceuse!); en octobre, il fallait savoir s’habiller tout seul (pour certains, avec nos super-tenues d’hiver, ça peut poser problème); en novembre, ils devaient savoir lasser leur chaussure et différencier leur gauche et leur droite; en décembre, il fallait connaître les jours de la semaine dans l’ordre… Quand ils réussissent leur défi, ils ont le droit à un petit diplôme.


Il y a aussi le tableau des monstres: A côté de chaque élève, il y a 6 monstres (2 verts, 2 jaunes et 2 rouges). Lorsqu’un élève ne respecte pas les règles, on lui en lève un monstre. Si un élève perd trop souvent tous ces monstres (on le crucifie! Ah non, pardon, on en parle à ses parents). Par ailleurs, tous les soirs, dans leur farde de communication, il y a un carton de couleur que l’enfant rapporte à la maison. Ainsi, en cas de soucis, les parents savent si il y a eu des soucis ou non en classe, et peut donc en discuter avec son petit chérubin.


Quand les monstres restent verts (et donc qu’aucun enfant n’enfreint le règlement plus d’une fois) au moins 20 jours (pas d’affilée), un privilège de classe est octroyé (sauf pour celui qui a perdu tous ses monstres – si mes souvenirs sont bons). Il peut s’agir de venir à l’école en pyjama, de pouvoir aller dans la salle de divertissement des plus grands, de regarder un film, etc…

A tour de rôle, chaque fin de semaine, les enfants reçoivent la visite de Zuchini, la mascotte de la classe. Pendant ce week-end, on (papa, maman) écrit dans son journal toutes les aventures vécues; on y inclut aussi des photos souvenirs. (ndlr: Zuchini nous a rendu visite lors de notre super-panne de courant; il est donc allée au resto souvent, a joué avec les chats ou aller à l’école de sport acrobatique). Le lundi suivant, on présente donc les activités réalisées devant la classe.


Les communications
Outre la farde de communication, laquelle comprend généralement des informations sur les activités extra-scolaires (inscription au Cheerleading, Karaté, etc… ) et des annonces de l’école (avis de maladie par exemple), on reçoit régulièrement des mails de l’institutrice (au moins une fois par semaine). On reçoit aussi des mails du service de garde pour des comm’ générales (et les factures). On croise les éducatrices tous les jours donc, si il y a un soucis, on est averti rapidement.
Qui plus est, il y a des réunions de parents et les bulletins que l’on peut consulter directement sur un portail de la Commission Scolaire (avec une inscription unique, quelque soit le nombre d’enfants).


Questions d’horaire
Le matin, en arrivant, chacun peut raconter quelque chose (si il a quelque chose à dire, évidemment). Ensuite le mini-prof se lance dans le descriptif de la journée (qui varie). Il y a souvent un atelier avant la pause de 10h, un second par la suite. Par groupe de 10 jours, il y a un cours d’éducation physique, un passage à la bibliothèque, un cours d’anglais et un cours d’informatique.
Le temps de midi dure 1h30 et les élèves sont pris en charge par les éducatrices du service de garde. En après-midi, il y a une séance de relaxation (du yogakids – où ils apprennent une position pour chaque lettre de l’alphabet) et d’autres activités dépendant du thème. A 14h45, le service de garde prend le relai.
Chaque semaine, autour d’un thème, 5-6 ateliers sont pratiqués (coloriage, bricolage, écriture, etc…) et les enfants choisissent eux-mêmes quand ils vont pratiquer ces activités (mais ils les pratiqueront tous).

On rajoute qu’il y a une journée pédagogique à thème par mois (organisée par le service de garde); qu’en cas de tempête (où l’école est fermée), le service de garde prend le relais.
Bon, si vous avez des questions précises, n’hésitez pas.
Je vous laisse sur un mot de la prof (Dans le cahier de communication) qui m’a rendu bien fier 😉

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The Postman Écrit par :

12 Comments

  1. 21 décembre 2016
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    Je ne dirais rien n’ayant pas d’enfant, ca a surement change en France par rapport a mon temps (je suis vieille….).
    Mais en tout cas chapeau pour le commentaire en maths! You can be proud of your daughter 😀

    • 21 décembre 2016
      Reply

      Idem, je ne sais pas comment ça s passe en Belgique, mais j’imagine qu’ils utilisent maintenant des méthodes plus modernes.
      Mais je le suis, je le suis 😉

  2. 21 décembre 2016
    Reply

    Merci pour ce billet très détaillé sur la façon dont les choses se passent ! Ça donnerait presque envie d’aller bosser en maternelle au Québec, tiens (j’ai dit presque 😉 ). Ce que tu racontes me semble beaucoup plus respectueux des enfants que ce qui se passe par ici (la maternelle est devenue très « scolaire »).
    J’aime bien la mascotte, elle est rigolote comme tout (et ta fille jolie comme un <3).
    Ta demoiselle a de qui tenir 😉

    • 21 décembre 2016
      Reply

      Je suppose que, même chez nous, toutes les écoles ne travaillent pas de la même façon. Mais en tout cas, on est très content du « service » fourni (et les enfants aussi) 😉
      On n’a pas une petite fille qui traîne les pieds pour aller à l’école, c’est l’important.

  3. 21 décembre 2016
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    ça semble vraiment chouette. Ici, dans l’école de la poulette, je peux dire en vrac qu’il y a eu : des ateliers sur l’apprentissage des compétences langagières (au sens large, écriture aussi), mathématiques et d’éveil (Chaque enfant passait à tous les ateleirs), des moments d’activités en groupe et d’autres seul, des jeux, des bricolages, chaque jour la météo/les présences, une sensibilisation musicale, un cours de religion (ouais, je sais ^^), du « braingym », de la sophrologie, de la psychomot…
    Par contre, pas d’informatique et pas d’anglais (ce qui est bien dommage)…
    Maintenent, d’une école à l’autre, je suppose que cela change… Ah oui, et on a aussi eu droit à la « mascotte » de la classe en week-end (encore heureux que ce n’est pas un truc vivant… mais moi qui suis un peu maniaque, le sac à puce tout un week end, c’était éprouvant ^^)

    • 22 décembre 2016
      Reply

      Tiens, j’oubliais, les enfants ont des mini-exposés à préparer (environ 1 par mois); vous avez çà aussi?

      • 22 décembre 2016
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        non pas du tout 🙂 et toujours pas alors qu’elle est en 3e primaire…

        • 22 décembre 2016
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          ici, elle a du présenter son doudou; ainsi que la façon dont elle a fabriqué une araignée (pour Halloween) et enfin son week-end avec Zuchini.

  4. 22 décembre 2016
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    ça ressemble à ce qui se passe ici, mais à 30 dans la classe au lieu de 19, les objectifs sont revus à la baisse. Nelly est dans une double section moyens/grands. Elle est chez les moyens mais ne s’occupe que de ce qui se passe chez les grands … l’an prochain ça va être dur pour la maitresse !

    • 22 décembre 2016
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      Ces histoires de mixage de classe, j’ai toujours eu du mal à m’y faire…

    • 22 décembre 2016
      Reply

      note aussi qu’il y a, en fait, l’institutrice et une aide-instit’ (plus l’éducatrice qui prend le relais à midi) dans chaque classe…
      30, çà, ce sera en secondaire (et çà dépendra de l’école)

  5. 22 décembre 2016
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    ici aussi il y a ce qu’on appelle une ATSEM, spécialiste de la petite enfance qui seconde la maitresse, elle sert surtout à préparer / ranger le matériel, amener les enfants aux toilettes, pour la cantine et en dehors des heures de classe, faire faire des activités à ceux qui restent en périscolaire

Quelque chose à rajouter?