Citoyen du monde!

En voilà une belle expression!

Je ne suis pas Français, Belge, Canadien, Chinois, Israélien, Anglais, Turc, Suédois, Brésilien, Américain, etc… (Biffer toutes les mentions inutiles), mais je suis Citoyen du Monde, moi, Monsieur/Madame!

C’est joli; on a tous entendu cette phrase au moins une fois dans notre vie… Pire! Nous l’avons prononcée, en y croyant (ou non).
Mais dans la réalité des faits, l’est-on vraiment? Ou à quel point l’est-on?

Unfinished European Union Flag puzzle

Quand cette phrase est prononcée par un Européen, très souvent (ndlr: et non toujours), elle signifie « je suis Européen », car ce que l’on connait du monde, ce sont les peuples qui ont évolué à notre manière, avec les mêmes idéaux (ou presque): démocratie, liberté d’expression, liberté de la presse, etc… (bref, tout un panel de « liberté ») ainsi que le respect de l’autre (ndlr: je suis optimiste).
On s’attend donc à ce que nos politiques mènent le troupeau vers une union des peuples et non un repli vers soi. Or qu’en est-il? On divise pour mieux régner, encore et toujours du César, de la vielle stratégie militaire. Dans un sens, je peux comprendre: il est plus simple de diriger de petits états/régions que de manœuvrer un continent entier.
Et puis, ces beaux principes sont vite à mal dès qu’on touche à nos petites vies insignifiantes: Il a suffit de voir comment les fameuses histoire de plombiers Polonais, ces pays de l’est (mais Européen) qui viennent nous voler notre boulot, casser le prix du labeur, etc… (ndlr: je n’entrerais pas dans le débat de la qualification – certains sont des médecins, et non des plombiers – et si quasi-tout-le-monde peut fermer la vanne d’un évier, il n’en est pas de même quand il s’agit de la veine d’un humain). Et donc, là, notre idéologie en prend un coup: d’un point de vue humain, pourquoi l’autre n’aurait pas lui aussi le droit de travailler? est-ce que sa famille (qu’il doit faire vivre) est plus importante que la mienne? Citoyen du monde mais pas humaniste, peut-être?
Il n’y a évidemment pas que l’emploi qui vient gangrener notre notion d’appartenance au monde: on va vous parler de la Dette (avec un grand ‘D’), des frontières, de la sécurité: tous ces aspects de notre vie qui diffèrent d’un voisin à l’autre, et qui devient, du coup, un problème pour réellement accepter cette notion d’Europe.
Et puis, la peur du changement a aussi son rôle à jouer: il faut s’adapter à une vision commune qui nous dépasse et qui est dictée par des instances obscures.
Le pire étant qu’en tant que citoyen d’Europe (une chose à la fois, hein, le Monde, c’est un peu trop vaste), on n’est rarement allé plus loin que le pays voisin et que l’on se cherche encore et toujours une identité « locale », alors que cette identité n’a qu’à seul but: vous donner une adresse et vous dire d’où vous venez. Où vous allez, c’est votre choix.


Soit, passons à ceux qui ont passé ce stade d’Européen (ndlr: mon parcours fait que ce billet part de l’Europe; mais il peut tout aussi bien en aller en partant d’une république de l’ancienne URSS, ou d’un petit patelin des Etats-Unis, etc… L’idée est la même: l’identité citoyenne que l’on se crée s’étend par des unions de cercles centrés autour des lieux où nous vivons). Si en fait, nous sommes juste des citoyens Occidentaux? Car cette libre expression est bien un produit Occidental, non? USA, Canada, Europe (y en a sûrement d’autres, non?) et elle crée des envies. Pourtant, en tant que citoyen à mentalité occidental, est-ce que vous vous sentez un peu Texan? Iroquois? Breton? Pourtant, vous voulez du monde, non?
Là aussi, les différences ont plus de poids que la ressemblances de nos idéaux: Tous unis contre l’injustice! Sauf que la Justice n’est pas la même partout. D’ailleurs, aux grands maux, les grands remèdes, non?
(ndlr: ça dérive, mais j’espère que vous comprenez le principe de la vue d’hélicoptère)



Alors, étendons encore le spectre en ajoutant les pays d’Amérique Latine et du Sud… Le Venezuela, ça doit être sympa en temps normal… sauf que là, depuis que le cours du pétrole à chuter, l’économie de ce pays va très mal… donc voilà, pour votre portefeuille, c’est tout bonheur que le prix baisse à la pompe, mais le citoyen lambda de là-bas, il ne le vit pas vraiment aussi bien que vous. Est-ce que vous vous sentez Vénézuélien? Un peu plus bas, il y a une nation de footballeurs (ndlr: oui, j’exagère); on leur a donné des Jeux mais on a oublié le Pain… vous sentez-vous Brésilien?
Je pourrais vous en citer beaucoup dans le genre… la vraie question est de savoir si vous êtes toujours citoyen du monde?
Je me rends compte que je pourrais vous faire l’éloge du capitalisme, alors qu’il n’en est rien (ndlr: je cogite sérieusement à une vraie alternative – mais qui suis-je? personne).


Continuons le tour du Monde toujours en allant encore plus à l’Ouest (au point d’en arriver en Asie). Passons le Japon, je suis sûr que vous sentez tous Japonais lorsque vous travaillez que 40h/semaine (c’est ironique – ou cynique, c’est selon). Et arrivons en Chine… Et donc les Chinois nous volent notre travail aussi; c’est sûr que bosser pour trois fois rien, ne pas pouvoir dire ce que vous pensez, loger à 15 dans une pièce, etc… D’ailleurs, cs Chinois ne devraient pas avoir le droit de travailler, non ? (humour)…


Il me resterait à vous parler de tout un tas de pays dans le coin, et puis arriver au Moyen-Orient… Vous dire comment on vit là-bas aussi… vous raconter que la Liberté, c’est relatif, d’ailleurs, la Liberté, c’est une histoire de religion…

Ah non, j’en aurais même pas fini: j’allais oublier l’Afrique: totale liberté dans les poumons de la planètes; ça a l’air sympa, non? Bon, faut faire gaffe aux petites bébêtes, aux braconniers, aux vendeurs d’esclaves (et oui, ça existe encore), à l’homme blanc, etc…


Non, si vous vous dites Citoyen du Monde, vous devez l’assumer: vous devriez être capable de vous mettre à la place de chaque individu habitant sur la planète, vivre son quotidien, prendre sa défense, etc… Citoyen du Monde, c’est être de toutes les nationalités à la fois, car il n’existe aucune identité mondiale. Le seul point commun, c’est que nous sommes des Humains et que nous vivons sur une planète. Si un jour, on devait mourir à la guerre, ce n’Est pas en défendant un pays mais la planète.

Si vous vous sentez apte à construire une telle identité, je vous propose de travailler sur une liste personnelle et de la partager.

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The Postman Écrit par :

2 Comments

  1. 17 avril 2017
    Reply

    Ça donne clairement à réfléchir…

Quelque chose à rajouter?