Auto-conditionné pour partir

J’ai été traumatisé dans mon enfance… si si, c’est vrai… mais de la façon dont vous croyez:
J’adore ma mère – si je suis ici à ce moment de ma vie, c’est grâce à elle. Elle m’a donné beaucoup de liberté dans mes choix et au bon moment: elle ne m’a pas imposé le cours de religion ou oral, le choix de mes options en secondaire, ne m’a pas forcé à faire du sport ni même à aller prier tous les dimanches (remarquez, elle n’y allait pas mais est catholique). Évidemment, on est puni (privé de sortie, hein) quand on fait des bêtises (ouf, je n’en ai pas fait beaucoup) ou quand les résultats scolaires ne suivaient pas (le cours de néerlandais était loin d’être mon point fort), et donc je considère avoir eu une bonne éducation. Ce fut aussi le cas de mon frère et, comme il avait quelques problèmes dans certains cours, je peux aussi confirmer que ma mère se chargeait de lui faire réviser ses leçons (je suis sûr que maintenant, elle doit encore connaître toutes les capitales de la zone Euro par coeur aussi bien que lui). On avait des tâches ménagères mais rien d’insupportable: nettoyage de la litière des chats, nourrir les chats, sortir le chien, vider la machine à laver/séchoir, un peu de rangement et rarement de la vaisselle. Rien de traumatisant, nous sommes bien d’accord?
On ne peut pas dire que mon beau-père de l’époque était tyrannique; il incarnait assez bien la droiture et a toujours été correct. Il m’a appris l’adage « tout travail mérite salaire », et cela même lorsque je voulais juste l’aider. C’est grâce à lui que j’ai pu avoir de l’argent (de poche) que je méritais (pour ceux qui connaissent la « balle pelote », j’avais pu obtenir le poste de « marqueur de chasse » – et je gagnais l’équivalent de 10Eur chaque week-end). Aucun sujet traumaisant non plus de ce côté-là.

A l’école non plus d’ailleurs, je ne devais pas trop me plaindre J’étais pas du tout une star mais je n’étais pas non plus le soufre-douleur de la classe. Quelques mauvaises blagues mais rien d’inhabituel. Fedora pourra confirmer 😉
Mes loisirs, le club Dorothée, les livres de Stephen King et d’Agatha Christie, plus tard le Magic The Gathering et les jeux de rôles, un peu de PC et beaucoup-beaucoup de patinoire. Du fun, des potes, du cocooning, mais toujours rien de traumatisant, n’est-ce pas?

J’en arrive donc à la source de tous les maux: ma mère étant encore jeune (elle n’a que 19ans de plus que moi), elle était donc dans sa phase musical avancée (si si, vous savez, quand vous écoutez des chansons en boucles et à fond, que vous chantez/fredonnez en permanence). Evidemment, à l’époque, écouter de la musique uniquement pour soi n’était pas d’usage (à part les walk-man dans le bus, par exemple). Notre maison avait un plafond assez haut et les murs peu épais, il était quasi-impossible d’écouter de la musique pour soi sans en faire profiter les autres – et comme ma mère était prioritaire quant à l’usage de la chaîne hi-fi, je peux vous dire qu’encore maintenant, je suis capable de vous réciter les paroles de la moins connue des chansons de Claude Barzotti…
Enfer, damnation, de mes 4ans à mes 18ans, on m’a lobotomisé 😉
Oui, j’écoutais du Metallica, Nirvana, Megadeath, Sepultura, etc.. quand elle n’était pas là, mais je savais que, même lorsque je serais en train de regarder les Chevaliers du Zodiaque à la TV, il y aurait toujours un bruit de fond « rital ».
Bon, n’exagérons pas, elle écoutait de temps en temps d’autres chanteurs français et j’ai aussi pu parfaire mon éducation musicale grâce à MTV mais aussi au Jukebox qui se trouvait dans le café que tenait mon beau-père. Mais encore maintenant, je me réveille en hurlant « je suis rital et je le reste » 😉

Quoiqu’il en soit, vu qu’elle écoutait énormément de chansons françaises, mon esprit avait deux choix: le déni (écouter l’extrême opposé, à savoir du Metal ou de la Techno) et l’acceptation (écouter des chansons à texte). Encore aujourd’hui, je suis tiraillé entre faire écouter à C du Jacques Brel (soit dit en passant, elle adore la chanson « Les Bonbons »), du rythmé (« toi et moi » de Grégoire), du rock calme (The Police, Sting, …), du rock plus dur (Metallica…) ou du folkorique (Les choeurs de l’Armée Rouge « Kalinka »…). Mais je fais tout pour qu’elle soit le plus éclectique possible dans le futur.

Il n’empêche que le conditionnement aux chansons françaises fut aussi la mise en place dans mon subconscient de l’envie de partir; Goldman m’y a aidé avec « Là-bas » et « On ira », Cabrel avec les « Murs de Poussière », Metallica avec « Wherever I roam » (oui, bon, d’accord, c’est pas très français), Aznavour avec « Emmenez-moi », Charlebois avec « Je reviendrai à Montréal », Sardou avec « Je vole »… L’idée a travaillé , j’ai voyagé et puis je suis parti 😉

Conclusion: si vous voulez garder vos enfants pas trop loin, écoutez des chansons qu’ils ne comprennent pas ;-)))

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The Postman Écrit par :

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