53 défis en 2015: La lettre jamais envoyée… #12

Nouvelle semaine, nouveau défi… cette fois-ci, Agoaye nous a concocté le sujet suivant « La lettre jamais envoyée… ». Alors là, j’y ai pensé toute la semaine mais je dois l’avouer, je sèche…



Et puis d’abord, un asocial, ça n’envoie pas de lettre; au pire, ça envoie un texto « OK » ou si je veux être plus gentil, je dirais un « OK. Biz »… Mais plus sérieusement, j’envoie des mails régulièrement donc la vraie question serait de savoir à qui ou pourquoi je n’en enverrais jamais.

Une (belle) lettre en préparation actuellement, c’est celle pour mon ancien prof de latin – Je ne peux l’envoyer car son adresse est inconnue, ni même son état (est-il toujours de ce monde?) et je garde toujours espoir de pouvoir lui envoyer… Mr Duroisin, si vous me lisez, faites-moi signe! 😉

Autre cible potentielle pour un courrier, cela pourrait être mes ex-petites amies. En amour, j’étais un vrai salopard, dans mes années folles (fin secondaire et fac’) il faut l’avouer. Déjà que je ne fais pas beaucoup éloge de sentiment depuis mes 30ans, à l’époque, c’était encore pire… Non, je n’étais pas agressif, ni insultant, ni méchant, ni infidèle.. j’étais égocentrique, narcissique et surtout j’étais maladroit… Soit, je pourrais envoyer des lettres à ces cœurs brisés pour m’excuser de les avoir fait souffrir en étant moi-même et en ignorant la profondeur de leurs sentiments – mais bon, contrairement à certains, j’ai réussi à ce que ces ex ne m’adressent plus la parole, me bloquent totalement et je suis certain qu’elles prient toutes Satan pour ne plus jamais recevoir de mes nouvelles. Elles brûleraient certainement les lettres rien qu’en y reconnaissant mon écriture… 😉 (et pour info: ces lettres,/courriels je les ai envoyés)

Je pourrais aussi imaginer une lettre pour moi-même que je m’enverrais dans le passé, peut-être à mon moi de 17ans, celui qui a pris le chemin de l’ingéniorat au lieu de celui des maths (ouais, quoi! je loue un culte aux Maths, dont Euler, Euclide, Riemann… sont des prophètes) et pour me dire « ne sors pas avec S, tu vas la briser… elle est trop fragile et tu ne t’en rends pas compte » (honte sur moi! elle a dû suivre plus d’une thérapie après notre rupture). Dans le même style, je pourrais envoyer une lettre à ma mère (de cette époque) pour la remettre sur le droit chemin. Mais bon, finalement, aucune de ces lettres n’est nécessaire car je crois au Destin et que chacun des choix faits dans le passé a une raison d’être pour le présent et pour le futur.

Serais-je toujours assez croyant pour adresser ma lettre non-envoyée à Dieu? Là aussi, nous sommes sur un terrain glissant. Je ne suis pas sûr d’avoir perdu la Foi, mais je suis certain que je n’agis nullement dans l’optique de la Bible. Dieu a fait l’humain à son image, lui a laissé le libre arbitre et nous sommes imparfaits. C’est dans cette imperfection que je trace ma voie, non pour devenir parfait, mais pour Être et améliorer le monde à petits pas… Et que pourrais-je dire à Dieu d’ailleurs? Qu’il nous a laissé tomber? Bof, trop classique; qu’Il devrait s’occuper de la couche d’ozone? Beuh, Dieu il vote pas Ecolo; qu’Il se décide à passer en mode « Apocalypse »? Ah ben tiens, ça c’est une idée: la surpopulation nous tuera tous, autant diminuer la population mondiale de 60% pour relancer l’économie 😉 Bref, Dieu, qu’il continue de jouer aux dès….

Il me reste la dérision… si j’envoyais une lettre à nos politiques? Ah ben non, le temps qu’elle arrive sur le bureau du destinataire, ce dernier aura déjà changé 3 fois… Soyons imbus de nous-mêmes et envoyons une lettre à l’Humanité alors… ou à Poutine (lui, il sera toujours là dans 20 ans)  pour lui dire que c’est un grand comique… Bof bof…  avec tout ça, je n’ai toujours pas de lettre à ne pas envoyer… Dur dur Agoaye…

Hein? quoi? une lettre à ma fille??? à ma fille du futur alors, un futur où je ne serais plus présent et ne pourrais pas la voir grandir… Oui, ça, c’est envisageable… Mais non en fait, car en écrivant ces mots ici, elle les lira un jour (et elle pourra les relire à chaque coup de blues) et on doit considérer ces écrits comme une lettre envoyée… n’empêche que les mots sont là, dans ma tête (et les larmes aux yeux – arf…):

Ma petite C,

Si je ne suis à tes côtés, n’oublie pas que personne n’en est responsable, ni toi, ni moi. Souviens-toi mais ne vie pas dans le passé. Sache que je serais toujours fier de toi, et même si je n’approuve pas toujours tes choix, le fait d’avoir choisi me comble de bonheur. Utopique ou non, tu mérites d’être heureuse chaque jour de ta vie; ne te laisse pas abattre par les coups durs de la vie, relève-toi plus forte et montre-leur à tous que tu es une battante.

Je ne suis plus physiquement là, mais je vivrais perpétuellement dans ton cœur. N’oublie jamais, jamais, que ton père t’aime!

Papa

(Version courte d’une longue lettre que je n’enverrais pas, mais qu’elle trouvera).

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The Postman Écrit par :

4 Comments

  1. 19 mars 2015
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    J’aime beaucoup ce que tu as écrit et j’ai souri pour la lettre envoyée à ton autre toi… En tout cas, tu es sincère, tu dis les choses sans te cacher derrière un petit doigt qui n’arrive plus à grossir pour se cacher derrière 😉
    J’aime beaucoup beaucoup… Comme quoi être associal, ça a du bon clairement 😉

    • 19 mars 2015
      Reply

      C’est l’asocial le plus social que je connaisse ^^ si, si :p

  2. 19 mars 2015
    Reply

    moi aussi j’ai souri
    et j’ai trouvé la fin de l’article très touchante 🙂

  3. 19 mars 2015
    Reply

    j’ai posté alors que je n’avais pas terminé..

    j’ai eu un prof de latin au collège que j’appréciais beaucoup
    M. Saline.. il était fan de ciné et parfois il nous laissait l’embarquer sur des discussions qui n’avait rien à voir avec le cours
    j’ai fait latin jusqu’à la terminale mais lui seul m’a marquée..

Quelque chose à rajouter?